Algeria Gate : Dans ce qui apparaît comme un nouvel épisode de tension autour de la liberté de la presse au Maroc, la journaliste française d’origine algérienne Nadja Brahim, de Mediapart, a été expulsée du territoire marocain après son arrivée à l’aéroport de Tanger.

La journaliste s’était rendue au Maroc pour enquêter sur la crise migratoire autour de Ceuta et recueillir les témoignages de familles marocaines ayant perdu des proches dans les événements liés aux tentatives de passage vers l’Europe.
À son arrivée à Tanger, le 13 août, Nadja Brahim aurait été interrogée pendant près de cinq heures par des agents de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), Malgré ses explications sur la nature journalistique de sa mission, elle a finalement été renvoyée vers Paris, sans qu’une justification officielle détaillée lui soit communiquée.

Selon les éléments rapportés par Mediapart, son passeport ne lui aurait été rendu qu’après son embarquement dans l’avion, Plus polémique encore, le document de refus d’entrée aurait mentionné la formule « Française d’origine algérienne » dans la rubrique consacrée à la nationalité, alors que la journaliste est bien de nationalité française.
Mediapart a vivement dénoncé cette décision, estimant qu’elle porte atteinte au droit du public à être informé, Pour le média français, empêcher les journalistes d’accéder au terrain revient à priver l’opinion publique de témoignages et d’informations directes sur des événements sensibles.

L’affaire ne serait d’ailleurs pas isolée, Mediapart rapporte également que des journalistes de la télévision publique espagnole TVE et de l’agence EFE auraient été expulsés de Fnideq le 15 août alors qu’ils couvraient les événements liés à la crise migratoire aux abords de Ceuta.
Ces expulsions relancent ainsi les interrogations sur les conditions de travail des journalistes étrangers au Maroc et sur l’accès de la presse aux zones où se déroulent des événements sensibles.