Algeria Gate : À peine installé, le nouveau gouvernement marocain essuie déjà un sérieux revers. Nommée le 16 octobre par le roi, Madiha Khayr a été déchargée de ses fonctions deux jours plus tard, à la demande de la cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri. Un épisode embarrassant qui soulève de lourdes interrogations sur les conditions dans lesquelles la nouvelle équipe a été constituée.
En effet, comment un gouvernement peut-il être officiellement nommé avant que des vérifications apparemment essentielles ne soient achevées ? La question mérite d’être posée, tant cette séquence donne l’impression d’une sélection précipitée, dont les conséquences n’auraient pas été suffisamment anticipées.
Dans un communiqué publié ce dimanche 18 octobre, le Cabinet royal a annoncé que Mohammed VI avait accepté la demande de Fatima Ezzahra El Mansouri de mettre fin aux fonctions de Madiha Khayr, ministre déléguée chargée de la Formation professionnelle, et conformément à l’article 47 de la Constitution. Aucune explication détaillée n’a toutefois été fournie sur les motifs de cette décision.
La polémique avait éclaté quelques heures après la nomination de l’intéressée, avec la diffusion sur les réseaux sociaux d’un document présenté comme un certificat médico-légal datant de 2004 et la résurgence d’un ancien article de presse évoquant une affaire judiciaire.
Cette polémique s’est cristallisée autour de deux éléments remontant à 2004. Le premier est un certificat médico-légal attribué à un spécialiste en psychiatrie, daté du 12 juin de cette année-là, qui évoquait un suivi médical de Madiha Khayr et des troubles psychologiques. Le second est un article de presse publié le 19 août 2004, relatant une affaire judiciaire concernant une femme prénommée Madiha, soupçonnée d’avoir utilisé les documents d’une médecin pour ouvrir un compte bancaire et émettre 19 chèques sans provision.
Cette séquence soulève donc une interrogation incontournable : pourquoi les vérifications nécessaires n’ont-elles pas été effectuées avant sa nomination ? Si ces éléments étaient suffisamment préoccupants pour conduire à un départ aussi rapide, leur examen aurait logiquement dû intervenir en amont.
Un sérieux couac dans la formation du gouvernement
La constitution d’un gouvernement ne devrait pas se résumer à une succession d’annonces officielles suivies de corrections dans l’urgence. Elle exige un travail préalable rigoureux : examen des parcours, vérification des informations pertinentes et évaluation des profils appelés à exercer des responsabilités publiques.
Or, le calendrier de cette affaire donne une image particulièrement désastreuse du processus de sélection. Une ministre est nommée, une controverse éclate, puis ses fonctions prennent fin avant même que le nouvel exécutif ait véritablement commencé à travailler.
À quoi servent les consultations politiques et les vérifications préalables si une nomination ministérielle peut être remise en cause moins de 48 heures après son annonce ? Faut-il y voir des contrôles insuffisants, des informations ignorées ou une décision prise sans mesurer les risques ?


