Les tentatives d’appropriation du patrimoine historique, culturel et artistique algérien continuent de susciter la polémique. Cette fois, c’est à l’occasion de la qualification de l’équipe du Maroc pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde, après sa victoire contre les Pays-Bas, que la controverse a ressurgi.
Dans les vestiaires, les joueurs marocains ont célébré leur qualification au son de « Mabrouk Alina », une chanson emblématique de l’artiste algérien disparu Rabah Driassa. Si l’interprétation de cette œuvre n’est pas en cause, c’est son attribution qui fait débat. En effet, la chanson est régulièrement présentée comme étant l’œuvre d’un artiste marocain, occultant ainsi son véritable auteur.
Le cœur de la polémique ne réside donc pas dans le fait que cette chanson soit reprise, mais dans le fait qu’elle soit attribuée à une autre personne. Depuis plusieurs années, les supporters de la sélection marocaine célèbrent leurs succès sportifs au rythme de « Mabrouk Alina », sans que son auteur original, Rabah Driassa, ne soit mentionné.
Écrite, composée et interprétée par Rabah Driassa en 1981, cette œuvre est devenue un symbole du football algérien, notamment après avoir accompagné les exploits des Verts lors de la Coupe du monde de 1982 en Espagne. Elle fait aujourd’hui partie intégrante du patrimoine sportif et artistique de l’Algérie.
Face à cette situation, Abdou Driassa, fils de l’artiste disparu, avait annoncé avoir déposé une plainte officielle contre un chanteur marocain qui s’est attribué la chanson. Il a rappelé que « Mabrouk Alina » est enregistrée au nom de son père auprès de la SACEM (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique), dénonçant une tentative de s’approprier l’une des œuvres majeures du patrimoine musical algérien ainsi que l’héritage artistique de Rabah Driassa.



