Algeria Gate : Au milieu du XIXᵉ siècle, alors que la conquête coloniale française se heurtait à une résistance farouche des tribus algériennes, l’armée française adopta des méthodes d’une extrême brutalité, Parmi les épisodes les plus tragiques figure celui des « grottes enfumées », une pratique consistant à asphyxier des populations civiles réfugiées dans des cavités naturelles.
Sous l’autorité du maréchal Thomas Robert Bugeaud, gouverneur général de l’Algérie entre 1840 et 1847, la stratégie militaire reposait sur la destruction systématique des moyens de subsistance des populations locales, Villages incendiés, récoltes détruites, déplacements forcés et répression sans distinction faisaient partie des méthodes employées pour briser la résistance.

L’un des épisodes les plus marquants survient en juin 1845 dans les grottes du Dahra, où plusieurs centaines de membres de la tribu des Ouled Riah s’étaient réfugiés pour échapper aux troupes françaises. Plutôt que de lancer un assaut, le colonel Aimable Pélissier ordonna de condamner les issues des grottes avant d’y allumer de vastes feux, Hommes, femmes, enfants et personnes âgées moururent asphyxiés par la fumée.
Si l’opération fut directement menée par Pélissier, elle s’inscrivait dans une doctrine militaire cautionnée par le maréchal Bugeaud, qui prônait une guerre totale contre les résistants algériens, Les « enfumades » furent ainsi utilisées à plusieurs reprises durant la conquête de l’Algérie.
Le nombre exact de victimes demeure débattu par les historiens, mais les estimations évoquent plusieurs centaines de morts pour la seule tragédie des grottes du Dahra, Dès l’époque, ces méthodes suscitèrent des critiques en France, certains responsables politiques et intellectuels dénonçant une violence incompatible avec les principes que la France prétendait défendre.
Près de deux siècles plus tard, les enfumades restent l’un des symboles les plus marquants de la violence coloniale en Algérie, Elles occupent une place importante dans la mémoire nationale et continuent d’alimenter les travaux des historiens ainsi que les débats sur la reconnaissance des crimes commis durant la conquête du pays.





