Algeria Gate : L’Algérie figure parmi les pays en développement qui ont adopté, en 2025, des mesures visant à faciliter l’accès des investissements directs étrangers (IDE) dans certains secteurs stratégiques. Selon le Rapport sur l’investissement dans le monde 2026, publié par les Nations unies, un nombre limité de mesures de libéralisation des investissements étrangers a concerné des secteurs autres que les services, notamment le secteur minier en Algérie.

Le rapport inscrit cette évolution dans une transformation plus large des politiques mondiales d’investissement, où les gouvernements adoptent une approche plus sélective en matière d’ouverture aux capitaux étrangers. Les investissements sont désormais orientés vers des secteurs jugés stratégiques, tels que le développement industriel, la sécurité économique, les chaînes de valeur locales, les ressources minières, les énergies propres, les infrastructures numériques et les industries de pointe.
Selon le World Investment Report 2026, consulté par Algeria Gate, le nombre de mesures relatives aux politiques d’investissement adoptées à l’échelle mondiale a atteint un niveau record de 229 mesures en 2025, contre 192 en 2024. Parmi elles, 167 mesures étaient favorables aux investisseurs, soit 73 % du total, tandis que 62 mesures, représentant 27 %, étaient de nature restrictive.
Le rapport souligne que la situation de l’Algérie est particulièrement notable, puisqu’elle figure parmi les pays ayant assoupli les conditions d’accès aux investissements directs étrangers (IDE), et non parmi ceux ayant renforcé les restrictions. Il précise que les mesures de libéralisation mises en œuvre en 2025 ont principalement concerné les secteurs des services, notamment l’électricité, les ports, les infrastructures, les télécommunications, les services numériques, les banques, les assurances, le tourisme et l’hôtellerie. Toutefois, il relève qu’un nombre limité de mesures a également touché d’autres secteurs stratégiques, dont le secteur minier en Algérie.
À travers cette évolution, le rapport place l’Algérie dans une dynamique internationale consistant à ouvrir certains secteurs stratégiques aux investissements étrangers, selon une approche ciblée répondant aux priorités économiques nationales. Il ne s’agit donc pas d’une ouverture généralisée, mais d’une politique visant à attirer les capitaux, les technologies et les financements vers des activités productives capables de renforcer l’industrialisation et de créer davantage de valeur ajoutée.
Enfin, le document indique que l’ensemble des mesures de libéralisation des régimes d’investissement étranger adoptées en 2025 proviennent exclusivement de pays en développement. L’Asie en développement arrive en tête avec 21 mesures, suivie de l’Afrique (5 mesures), puis de l’Amérique latine et les Caraïbes (3 mesures). L’Algérie figure ainsi parmi le nombre restreint de pays africains ayant engagé des réformes en faveur de l’investissement étranger, avec un accent particulier sur le développement du secteur minier.

Incitations et facilités pour les investisseurs
Cette évolution intervient dans un contexte où les politiques d’investissement à l’échelle mondiale se concentrent de plus en plus sur les secteurs stratégiques, Le rapport souligne que les gouvernements ne se limitent plus à améliorer le climat général des affaires, mais recourent désormais à des incitations, des mesures de facilitation et une libéralisation ciblée afin d’orienter les capitaux étrangers vers des domaines prioritaires, tels que les énergies propres, les infrastructures numériques, l’industrie de pointe et les minerais stratégiques.
En 2025, les incitations à l’investissement ont constitué la principale catégorie de mesures favorables aux investisseurs, représentant 50 % de l’ensemble des politiques d’encouragement adoptées dans le monde, Le rapport précise également que ces avantages sont désormais davantage conditionnés à des critères précis, comme la création d’emplois, le transfert de technologies, le renforcement de la valeur ajoutée locale et le respect des objectifs de durabilité environnementale, Cette tendance marque un passage des exonérations générales vers des dispositifs de soutien plus ciblés.
Parallèlement, le document indique que les mesures restrictives se sont également multipliées en 2025, notamment à travers le renforcement des mécanismes de contrôle des investissements étrangers, les limitations d’accès à certains secteurs, la réduction de certains régimes d’incitation et l’introduction d’exigences accrues en matière de contenu local, L’Algérie fait toutefois figure d’exception, le rapport la classant parmi les pays ayant assoupli les conditions d’accès aux investissements étrangers dans le secteur minier, alors que plusieurs autres pays africains ont choisi d’élargir les activités réservées aux investisseurs nationaux ou d’imposer des règles de propriété plus strictes dans les mines, les services et les petites activités commerciales.
Cette orientation s’inscrit dans la stratégie économique de l’Algérie, qui considère le secteur minier comme l’un des principaux leviers de diversification de son économie et de réduction de sa dépendance aux hydrocarbures, Les ressources minières occupent désormais une place stratégique, en raison de leur rôle dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, les industries de transformation et la production de minerais indispensables à la transition énergétique et aux nouvelles technologies.
Enfin, le rapport souligne que les politiques d’investissement sont de plus en plus étroitement liées aux enjeux de sécurité économique et de résilience industrielle, Dans ce contexte, le secteur minier devient un domaine stratégique, à la croisée des objectifs d’attraction des investissements, de préservation des ressources nationales, de création de valeur locale et de développement d’industries à forte valeur ajoutée.





