Dans un livre polémique du journaliste marocain Omar Brouksy intitulé « Fin de règne », consacré à Mohammed VI, l’auteur révèle des coulisses troublantes du palais marocain, décrivant un pouvoir fragilisé, alimenté par des intrigues internes et marqué par des incertitudes liées à l’état de santé du souverain et à son absence notable de la scène politique.
Sous le titre « Hassan III, services secrets, Macron… », le livre-enquêtesur sur le règne chancelant de Mohammed VI, relayé par le magazine français L’Express, dresse le portrait d’un Maroc gouverné par ce que l’auteur qualifie d’« État profond » ou de « makhzen », où les décisions sont concentrées entre les mains d’un cercle restreint de conseillers influents, de responsables du renseignement, notamment Abdellatif Hammouchi et Yassine Mansouri, ainsi que des proches du roi, au détriment du rôle des ministres et des acteurs économiques.


L’ouvrage affirme également que le roi souffrirait de problèmes de santé, notamment de la maladie de Hashimoto et de bronchopneumopathie chronique obstructive, affectant sa capacité physique. Depuis plusieurs années, il passerait de longues périodes à l’étranger, laissant place à un vide de pouvoir propice aux rivalités internes.

Malgré certains succès diplomatiques, l’auteur décrit une atmosphère « électrique », marquée par des luttes d’influence et des ambitions personnelles. Le roi, bien qu’affaibli, conserverait le pouvoir décisionnel, n’hésitant pas à adresser des remontrances sévères, notamment à Abdellatif Hammouchi après une campagne médiatique visant les frères Zghiter, proches du souverain.
Le livre évoque également l’utilisation de médias proches du pouvoir pour adresser des messages indirects au président français Emmanuel Macron, dans un contexte de tensions liées notamment à l’affaire du logiciel espion « Pegasus ».
Selon l’ouvrage, trois cercles d’influence s’opposeraient en coulisses : celui des proches du roi, dont les frères Zghiter, décrits comme des figures privilégiées ; celui des conseillers influents, tels que Fouad Ali El Himma, Mounir Majidi et Yassine Mansouri ; et enfin celui de la famille royale, qui anticiperait l’ascension du prince héritier Moulay Hassan, avec un possible retour de la princesse Lalla Salma sur la scène publique.

Enfin, le livre consacre une partie aux rivalités persistantes entre les services de renseignement, remontant à plus de quinze ans, notamment depuis le remplacement d’Ahmed Harari en 2005 par Abdellatif Hammouchi.