Algeria Gate : Sur AL24 , Mehdi Ghezzar figure médiatique Algérien, a dénoncé ce qu’il considère comme une obsession politique et médiatique française à l’égard de l’Algérie. À travers une série de questions provocatrices, il a mis en lumière les difficultés économiques, sociales et politiques auxquelles la France est confrontée, tout en appelant Paris à s’occuper de ses propres problèmes avant de critiquer Alger.
« Est-ce Tebboune qui est responsable de tous les problèmes de la France ? »
Mehdi Ghezzar n’a pas mâché ses mots, Face aux critiques récurrentes visant l’Algérie et son président Abdelmadjid Tebboune, le chroniqueur a choisi l’ironie pour dénoncer ce qu’il estime être une volonté de faire de l’Algérie un bouc émissaire.
« Est-ce que c’est Tebboune qui a causé la grève des lycéens ? Est-ce lui qui a provoqué le mouvement des Gilets jaunes ? », a-t-il lancé en substance.
Poursuivant son raisonnement, il a évoqué les difficultés liées au pouvoir d’achat, à la hausse des prix du carburant et du gaz, ainsi qu’aux tensions sociales qui touchent une partie de la population française.
Son message est clair : comment expliquer que certains responsables politiques français consacrent autant d’énergie à critiquer l’Algérie alors que leur propre pays traverse de profondes difficultés ?
Instabilité politique, précarité et pouvoir d’achat : la France face à ses contradictions
Le journaliste algerien a également pointé du doigt l’instabilité gouvernementale française, évoquant la succession rapide des Premiers ministres et les crises politiques qui fragilisent les institutions.
Il s’est interrogé sur l’augmentation du nombre de personnes sans domicile, les difficultés des salariés à vivre dignement de leur travail et les problèmes de protection de l’enfance.
À travers ces exemples, Mehdi Ghezzar cherche à démontrer que les difficultés françaises trouvent leurs origines dans des choix politiques, économiques et sociaux internes, et non dans les décisions du président algérien.
Les chiffres avancés au cours de cette intervention, notamment concernant les prix de l’énergie, le nombre de sans-abri et l’évolution de certains indicateurs sociaux, nécessitent toutefois une vérification indépendante.
« Balayez devant votre porte avant de donner des leçons à l’Algérie »
L’un des passages les plus marquants de son intervention concerne son appel à davantage de retenue de la part de la classe politique française.
Selon lui, les responsables français devraient commencer par résoudre les difficultés de leurs propres citoyens avant de multiplier les critiques contre les autorités algériennes.
Cette prise de position s’inscrit dans un contexte de tensions diplomatiques persistantes entre Paris et Alger, où les questions de souveraineté, de mémoire historique et de respect mutuel occupent une place centrale.
Pour Mehdi Ghezzar, l’Algérie n’a pas à recevoir continuellement des leçons de responsables politiques étrangers, notamment lorsque ceux-ci peinent à apporter des réponses aux préoccupations de leur propre population.
Le Hirak algérien cité en exemple
Le journaliste a également revenu sur le Hirak, le mouvement populaire qui a profondément marqué l’histoire contemporaine de l’Algérie à partir de février 2019.
Il a notamment souligné le caractère pacifique des grandes manifestations, rappelant les images de citoyens algériens nettoyant les rues après les rassemblements.
À ses yeux, cette mobilisation constitue un exemple de civisme et de maturité populaire dont certains responsables français pourraient s’inspirer.
Il a ainsi présenté le peuple algérien comme une population attachée à sa dignité, à sa souveraineté et à la stabilité de son pays.
Il convient néanmoins de rappeler que, malgré le caractère largement pacifique du Hirak, des arrestations et des violences ont également été documentées durant cette période. L’affirmation selon laquelle personne n’aurait été blessé ne peut donc pas être considérée comme un fait établi.
Un discours révélateur du malaise entre Paris et Alger
Au-delà de son ton provocateur, l’intervention de Mehdi Ghezzar traduit un sentiment de lassitude face aux tensions répétées entre la France et l’Algérie.
Alors que les relations bilatérales restent marquées par des désaccords diplomatiques et des polémiques médiatiques, le chroniqueur appelle implicitement à un changement de regard sur l’Algérie.
Son intervention soulève une question plus large : la France ne gagnerait-elle pas à concentrer davantage son attention sur ses propres défis économiques, sociaux et institutionnels plutôt que de laisser les différends avec Alger occuper une place aussi importante dans le débat politique ?
En multipliant les questions rhétoriques, Mehdi Ghezzar adresse finalement un message sans détour : les difficultés de la France ne peuvent pas être imputées à Abdelmadjid Tebboune, et les relations entre les deux pays gagneraient à reposer sur le respect mutuel plutôt que sur les accusations et les polémiques.



