Algeria Gate : Boualem Sansal remet son passage en prison en Algérie au centre de l’actualité, Dans son livre La Légende, l’écrivain présente son arrestation sous un angle particulièrement grave, allant jusqu’à évoquer une forme de « déportation » et à lui attribuer une dimension antisémite.
Une affirmation qui appelle toutefois une distinction essentielle entre le récit personnel de l’écrivain et les motifs judiciaires de son arrestation.
Sansal n’a pas été condamné par la justice algérienne pour sa religion ou parce qu’il serait juif. Arrêté en novembre 2024, il a été condamné en mars 2025 à cinq années de prison notamment pour atteinte à l’unité nationale, après des déclarations controversées concernant les frontières de l’Algérie et du Maroc, Cette peine a ensuite été confirmée en appel, Sansal a, de son côté, contesté les poursuites et invoqué sa liberté d’expression.
Du dossier judiciaire au récit politique
C’est donc après les faits que Sansal donne à son incarcération une interprétation liée à l’antisémitisme, Pour un lecteur algérien, la question centrale est simple : cette interprétation ne doit pas être confondue avec ce qui figure effectivement dans le dossier judiciaire.
L’affaire avait par ailleurs pris une importante dimension diplomatique entre Alger et Paris, En novembre 2025, le président Abdelmadjid Tebboune a finalement accordé une grâce à l’écrivain après une demande officielle du président allemand Frank-Walter Steinmeier, présentée pour des considérations humanitaires.
Avec La Légende, Boualem Sansal propose aujourd’hui sa propre lecture de cette période, Mais entre une formule destinée à marquer les esprits et les faits établis par la procédure, la différence demeure fondamentale : les poursuites rapportées publiquement concernaient ses déclarations et l’unité nationale, pas son appartenance religieuse.

