Algeria Gate : Une enquête publiée par le média espagnol Infobae España met en lumière plusieurs dossiers sensibles qui alimentent les inquiétudes autour des méthodes attribuées à certains services marocains dans leurs relations avec l’Espagne, Signée par le journaliste David Fernández, l’enquête revient notamment sur le cyberespionnage, le trafic de cannabis et la question migratoire.
Selon cette enquête, les services de renseignement marocains auraient mené 768 attaques électroniques visant près de 250 téléphones espagnols entre mai 2018 et juin 2019, en ayant recours au logiciel espion Pegasus, Les cibles évoquées ne se seraient pas limitées à des responsables politiques : des membres des forces de sécurité espagnoles auraient également été concernés, y compris certains travaillant avec les autorités marocaines sur des dossiers liés au terrorisme, au crime organisé, aux stupéfiants et à l’immigration clandestine.
Ces révélations soulèvent une question particulièrement sensible : celle de la confiance au sein de la coopération sécuritaire entre Madrid et Rabat, Le fait que des personnes impliquées dans la coordination entre les deux pays puissent elles-mêmes avoir été ciblées par des outils de surveillance alimente les interrogations sur les véritables pratiques des services concernés.
L’enquête aborde également le trafic de cannabis vers l’Europe, évoquant l’importance des flux de drogue transitant par la région et faisant état d’informations concernant une coopération présumée entre certains membres de la gendarmerie marocaine et des réseaux de trafic, Ces accusations restent toutefois à considérer avec prudence, puisqu’elles reposent sur des sources et des investigations journalistiques et ne constituent pas, à elles seules, des preuves judiciaires définitives.
Autre dossier majeur : l’immigration clandestine, L’enquête espagnole décrit l’utilisation de la question migratoire comme un levier dans les rapports entre le Maroc et ses partenaires européens, notamment l’Espagne, La position géographique du royaume en fait un acteur central dans la gestion des flux migratoires vers l’Europe, donnant à Rabat un poids important dans les négociations avec Madrid et Bruxelles.
Au-delà de chaque dossier pris séparément, l’enquête dessine ainsi un tableau où espionnage électronique, trafic de drogue et migration se croisent avec les enjeux diplomatiques et sécuritaires, Des accusations qui, si elles venaient à être confirmées par des procédures judiciaires, pourraient fragiliser davantage la confiance entre certains acteurs européens et les autorités marocaines.
Il convient néanmoins de rappeler que les éléments rapportés par l’enquête relèvent de révélations journalistiques, de sources sécuritaires et de renseignements, et qu’ils ne permettent pas d’établir automatiquement la responsabilité de toutes les personnes ou institutions mentionnées.
Cette publication remet finalement au premier plan les interrogations européennes sur le rôle du Maroc dans plusieurs dossiers stratégiques et sur les limites de la coopération sécuritaire avec Madrid, Derrière le discours officiel de partenariat, les questions de surveillance, de narcotrafic et de migration continuent ainsi de constituer des dossiers particulièrement sensibles dans les relations entre le Maroc et l’Espagne.


