Algeria Gate : L’Algérie et la Mauritanie franchissent une nouvelle étape dans leur rapprochement économique, Réunie à Nouakchott les 29 et 30 septembre 2026, la Commission douanière mixte algéro-mauritanienne a placé au centre de ses travaux la facilitation du commerce, la circulation des marchandises et des voyageurs ainsi que le renforcement de la coordination entre les administrations douanières des deux pays.
La délégation algérienne est conduite par le directeur général des Douanes, le général-major Abdelhafid Bakhouche, À l’issue des travaux, les deux parties ont signé une convention de partenariat douanier destinée à renforcer la coopération, la coordination et l’échange d’expertise entre les deux administrations.

Faciliter le passage des marchandises
L’un des principaux objectifs affichés est de simplifier les procédures à la frontière afin de rendre les échanges commerciaux plus fluides, Les deux administrations veulent notamment faciliter la circulation des marchandises et des personnes, renforcer la formation des agents et intensifier leur coopération contre la contrebande et la criminalité transfrontalière.
Pour Abdelhafid Bakhouche, cette coopération douanière doit également accompagner le processus d’intégration économique africaine, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
352 millions de dollars d’échanges en 2025
La dynamique commerciale entre Alger et Nouakchott repose déjà sur des volumes importants, Selon les chiffres présentés officiellement par le gouvernement algérien, les échanges bilatéraux ont atteint près de 352 millions de dollars en 2025, Les autorités des deux pays souhaitent désormais augmenter et surtout diversifier ces flux.
Cette stratégie passe notamment par une meilleure prise en charge douanière des marchandises algériennes au niveau du poste frontalier mauritanien, ainsi que par le développement de la future zone franche commerciale et industrielle entre les deux pays.
Le potentiel des exportations algériennes est déjà visible sur le terrain, Le 25 avril 2026, une opération portant sur 33 cargaisons de produits algériens à destination de la Mauritanie avait ainsi été lancée depuis Tindouf.
La route Tindouf–Zouérate, colonne vertébrale du projet
Au cœur de cette nouvelle architecture commerciale se trouve la route stratégique Tindouf–Zouérate, longue de 840 kilomètres et réalisée en territoire mauritanien par des entreprises algériennes, Les autorités présentent cette infrastructure comme un axe appelé à faciliter non seulement les échanges bilatéraux, mais également l’accès des opérateurs algériens aux marchés africains via la Mauritanie.

Le chantier constitue également une première pour l’Algérie : il s’agit d’une infrastructure routière majeure réalisée par des entreprises nationales en dehors du territoire algérien.
La Mauritanie, porte commerciale vers l’Afrique de l’Ouest
En combinant route transfrontalière, postes frontaliers, coopération douanière et zone franche, Alger cherche à renforcer le corridor reliant Tindouf au territoire mauritanien puis aux marchés d’Afrique de l’Ouest.
L’objectif est également de réduire les délais et les coûts liés au transport et au dédouanement et, à terme, de favoriser le stockage, la transformation et la réexportation des marchandises depuis la zone frontalière.
La nouvelle convention douanière signée à Nouakchott apparaît ainsi comme un maillon supplémentaire d’une stratégie plus large : transformer la frontière algéro-mauritanienne en corridor économique permettant aux produits algériens de gagner davantage de terrain en Mauritanie et, au-delà, sur les marchés d’Afrique de l’Ouest.




