Algeria Gate : La politique de récupération des avoirs et des biens détournés, puis de leur réintégration dans l’économie nationale, connaît une nouvelle étape avec l’entrée en activité de l’usine General Plastic Injection (GPI) à Tissemsilt, Les autorités présentent cette démarche comme faisant partie de la lutte contre la corruption et de la récupération, au profit de l’économie nationale, des actifs confisqués par des décisions judiciaires définitives.
Ce jeudi 24 septembre 2026, le Premier ministre Sifi Ghrieb, chargé par le président Abdelmadjid Tebboune, a supervisé à Tissemsilt l’inauguration de l’unité General Plastic Injection, spécialisée dans la fabrication de composants et accessoires plastiques destinés à l’industrie automobile, Dès avril, le gouvernement avait indiqué que cette unité faisait partie des biens récupérés et relancés après leur confiscation judiciaire définitive, avec une mise en production programmée pour septembre.
Des observateurs ont déclaré à Algeria Gate que le dossier de récupération des fonds détournés est l’un des plus sensibles et des plus complexes du processus de transformation économique et institutionnelle, Selon eux, il ne se limite pas à la lutte contre la corruption : il traduit aussi le passage de l’État à une nouvelle étape, fondée sur la restauration de la souveraineté financière et le renforcement de la crédibilité des institutions, à l’intérieur comme à l’extérieur.
Selon des sources d’Algeria Gate, les démarches engagées pour récupérer les fonds détournés « vont dans la bonne direction ». Ces efforts, suivis personnellement par le président Tebboune, « ne se limitent pas à la dimension financière : leurs effets s’étendent aussi au plan moral et reflètent une volonté inébranlable de restituer au peuple algérien ce qui lui revient de droit ».
L’objectif est double : éviter que les actifs récupérés restent à l’arrêt et les transformer en outils de production capables de créer de la valeur et des emplois. Dans le cas de Tissemsilt, l’usine doit notamment participer à la fabrication locale de composants plastiques automobiles, à l’augmentation du taux d’intégration nationale et à la réduction du recours aux importations, Quelques jours avant son inauguration, le ministère de l’Industrie avait déjà engagé les constructeurs automobiles à travailler avec GPI pour localiser leurs besoins en composants plastiques.
Des engagements présidentiels à leur traduction industrielle
Une précision historique est toutefois importante : les 54 engagements d’Abdelmadjid Tebboune remontent à sa campagne présidentielle de 2019, et non à celle de 2024, Ce programme comprenait notamment des engagements en matière de bonne gouvernance, de moralisation de la vie publique, de lutte contre les pratiques liées à l’argent illicite et de développement d’un nouveau modèle économique fondé sur la production nationale.
Lors de la présidentielle de 2024, Tebboune a présenté un programme pour son second mandat axé notamment sur la poursuite de l’investissement, le renforcement de la production nationale, la création d’emplois et l’élargissement de la base productive du pays. La remise en activité de l’usine de Tissemsilt peut donc être présentée comme s’inscrivant dans la continuité de cette orientation économique et de la politique de récupération des biens détournés, plutôt que comme l’un des « 54 engagements de 2024 ».
Avec la remise en production de GPI, l’État cherche ainsi à convertir un bien confisqué par la justice en outil industriel, notamment au service de la filière automobile nationale, Le gouvernement a indiqué que cette démarche devait également concerner d’autres unités industrielles récupérées à travers le pays.



