Algeria Gate: L’ancien journaliste de Hespress et de France 24, Slimane Boussoufa, a déclenché une vague d’indignation parmi les journalistes algériens, en Algérie comme à l’étranger.
Son style jugé non professionnel et bas de gamme dans sa couverture des événements de Ceuta, clairement orientée contre l’Algérie, a été dénoncé comme portant les marques d’une rancœur injustifiée.
Parmi ses critiques les plus en vue figurent deux figures majeures de l’audiovisuel algérien : Mourad Chebine et Mustapha Bounif.
le coup de semonce de Mourad Chebine
Mourad Chebine, star des écrans algériens dans les années 1990 et ancien cadre de Sky News Arabia, a adressé à Boussoufa une leçon de journalisme cinglante, sans jamais le nommer – méthode classique des grands professionnels qui refusent de donner une tribune à ceux qu’ils considèrent comme indignes du débat.

Dès les premières lignes, Chebine pose des questions qui valent une condamnation :
« Est-ce que la liberté de la presse consiste à traverser la mer pour aller chercher des “harraga” de son propre pays parmi des dizaines de milliers de Marocains qui ont forcé l’entrée de Ceuta ?

Est-ce que la liberté d’expression autorise à menacer quelqu’un de révéler ses secrets simplement parce qu’il ne partage pas votre position politique ?
Est-ce que la liberté consiste à publier des informations douteuses sur une affaire encore en justice pour orienter l’opinion ou influencer le cours de la procédure ?

Le mensonge est-il devenu un point de vue, le chantage un reportage, la diffamation un acte de courage et la violation de la vie privée un droit ? »
Il poursuit sans détour :
« Ces questions n’appellent pas tant des réponses que le rappel permanent que la liberté n’est pas un privilège sans limites
Le journalisme ne se construit pas en transformant les tribunes en tribunaux, ni en faisant de la réputation et de la vie privée des gens le carburant du scoop et de la sensation.

La liberté d’expression n’autorise ni l’invention de faits, ni la diffusion de mensonges, ni la fabrication de haine, ni la falsification d’images et de documents, ni l’exploitation d’informations à des fins de chantage. »
Et de conclure sur une note de principe :
« Ce ne sont pas des contraintes inventées par un pouvoir pour museler les journalistes.
Ce sont les bases minimales d’une presse consciente de sa mission.

L’éthique professionnelle ne se mesure pas à ce que font les autres, mais à ce que l’on s’est engagé à respecter.
Les lois peuvent changer, les gouvernements aussi, les rapports de force également.
Une seule chose ne doit jamais varier : le journaliste ne tire pas l’honneur de son métier de ce qu’il peut se permettre de franchir, mais de ce qu’il choisit, de son plein gré, de ne pas franchir.
Il existe des limites dont la chute ne fait pas seulement tomber le journalisme, mais le sens même pour lequel la liberté a été inventée. »
Le post de Mourad Chebine a immédiatement reçu un large soutien de la part de ses pairs.
Mustapha Bounif assène le coup de grâce
L’influenceur et journaliste Mustapha Bounif a ensuite enfoncé le clou dans une vidéo. Il interroge directement Boussoufa sur l’absence de preuves sérieuses permettant d’affirmer que le jeune homme intercepté à Ceuta et interrogé était bien algérien.
La voix de l’intéressé sonnait clairement marocaine, et le t-shirt qu’il portait arborait le nom « Casablanca » en lettres latines.
Bounif pose la question que beaucoup se posent : pourquoi un « harraga » algérien porterait-il un maillot au nom d’une ville marocaine ? Et cette tenue n’aurait-elle pas influencé le sort qui lui aurait été réservé si l’Espagne avait décidé de le renvoyer avec le groupe ?

Un journaliste algérien contre son propre pays ?
Derrière cette couverture jugée scandaleuse, certains observateurs voient plus qu’une simple dérive. Le simple fait qu’un journaliste algérien ait obtenu l’autorisation des autorités marocaines pour couvrir des événements aussi sensibles sur leur sol soulève des interrogations.
D’autant que les articles publiés par Boussoufa dans Hespress entre 2008 et 2010 sur l’Algérie – notamment sur les tensions communautaires – étaient déjà d’une virulence remarquable.

Un journaliste issu de la communauté mozabite de Ghardaïa, parti d’Algérie pour ensuite contribuer, depuis des médias hostiles (marocains et français), à attiser les divisions dans son pays d’origine : le cas de Slimane Boussoufa reste, selon ses détracteurs, unique en son genre.
Dans le métier, la différence est nette. Le professionnel respecte les règles sans détour. L’autre, pour dissimuler le manque d’éthique, a besoin d’une forme d’habileté destinée à brouiller les pistes.
Mais face à des confrères qui maîtrisent encore les codes de la profession, le masque tombe rapidement.








