Les entreprises françaises doivent être traitées comme les autres sociétés européennes en Algérie !
L’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, a affirmé que la priorité, à ce stade, est de rétablir la confiance entre l’Algérie et la France, en « envoyant des signaux témoignant de la volonté de dépasser les moments difficiles que nous avons traversés », Il a également insisté sur la nécessité de rétablir sans délai le fonctionnement normal des réseaux diplomatiques entre les deux pays.

Dans un entretien accordé au journaliste Adlane Medi et publié sur la plateforme Substack, Stéphane Romatet a expliqué que la reprise de la coopération entre l’Algérie et la France passe par le rétablissement d’un dialogue régulier, l’échange de points de vue sur les crises actuelles et une coordination chaque fois que possible, notamment au sein des instances des Nations unies.
Il a ajouté que les prochains mois devront être consacrés aux « fondamentaux », en priorité la reprise de la coopération sécuritaire et judiciaire, Selon lui, les deux pays ont besoin l’un de l’autre sur les dossiers régionaux, en particulier dans la région du Sahel, ainsi que dans la lutte contre le trafic de drogue, qu’il a qualifié de fléau touchant la jeunesse des deux rives de la Méditerranée.

Sur le plan économique, l’ambassadeur de France a reconnu que le secteur économique avait été affecté par la crise des relations bilatérales et que les échanges commerciaux en avaient souffert. Il a ajouté que le rétablissement complet des relations « doit impérativement passer par un traitement des entreprises françaises strictement identique à celui accordé aux autres entreprises européennes », estimant que le potentiel économique entre les deux pays, notamment grâce à la communauté algérienne en France, demeure considérable.
Stéphane Romatet a également insisté sur la nécessité de reprendre le dialogue sur les questions migratoires. Il a souligné que réduire ce dossier à la seule question des réadmissions serait « réducteur », appelant à un dialogue global portant sur les accords bilatéraux, la politique des visas et la lutte contre l’immigration irrégulière.
Évoquant le début du réchauffement des relations, Stéphane Romatet a indiqué que Paris avait estimé, à l’automne 2025, que le moment était venu de relancer une nouvelle dynamique entre les deux pays. Il a considéré que la visite à Alger du ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, avait marqué le début de la désescalade et de la reprise des relations entre les ministères de l’Intérieur, avant que les visites ministérielles qui ont suivi ne confirment la volonté commune de renouer le dialogue et de relancer la coopération.
Il a ajouté que de nombreux acteurs avaient œuvré sans relâche, tout au long de la crise, y compris dans ses moments les plus difficiles, afin de favoriser l’apaisement. Il a notamment salué le rôle des parlementaires français ayant participé aux commémorations du 80ᵉ anniversaire des massacres de Sétif, ainsi que les visites du président du Mouvement des entreprises de France (MEDEF) et de la présidente de l’Institut du monde arabe (IMA). Selon lui, ces initiatives témoignent de la volonté de préserver les relations entre l’Algérie et la France dans leurs dimensions historique, économique et culturelle.




