Algeria Gate : Lors de son entretien périodique avec les représentants de la presse nationale, diffusé samedi soir, le président de la République Abdelmadjid Tebboune a abordé un large éventail de dossiers, de l’économie à la politique sociale, en passant par les grands projets d’infrastructures et les principaux enjeux diplomatiques de l’Algérie.
Un PIB de 400 milliards de dollars en ligne de mire
Sur le plan économique, Abdelmadjid Tebboune a estimé que l’Algérie pourrait atteindre un produit intérieur brut de 400 milliards de dollars à la fin de 2026 ou au cours du premier trimestre 2027, voire dépasser ce niveau, Il a présenté cette perspective comme le résultat de la dynamique des investissements et de la montée en puissance de plusieurs secteurs productifs.
Le chef de l’État a également indiqué que la croissance annuelle devrait se situer autour de 4,01 à 4,02 %, tout en réaffirmant l’objectif de développer davantage les revenus hors hydrocarbures et de poursuivre la diversification de l’économie nationale.
Selon lui, le pays doit désormais atteindre une étape où les progrès accomplis en matière de développement deviennent difficiles à inverser, Les projets enregistrés auprès de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement devraient, selon les autorités, contribuer à accroître la production, les emplois et les recettes en devises.
Salaires : Tebboune confirme les augmentations en 2027
Sur le volet social, le président a réaffirmé son engagement à poursuivre la revalorisation des salaires en 2027, Il a évoqué les « 53 % restants » des augmentations annoncées et précisé qu’elles pourraient être appliquées en une seule ou en deux tranches, selon les capacités financières du pays.
Le chef de l’État a parallèlement insisté sur la nécessité de protéger le pouvoir d’achat et de combattre la spéculation, Il a assuré que le gouvernement avait reçu des instructions pour intervenir contre les pratiques contribuant artificiellement à l’augmentation des prix.
Tebboune a également indiqué que près de 1 200 milliards de centimes avaient déjà été consacrés à l’indemnisation des personnes touchées par les récents incendies.
Numérisation et lutte contre les pratiques frauduleuses
Une partie importante de l’entretien a été consacrée à la numérisation, Le président a estimé que les progrès réalisés dans ce domaine avaient permis de détecter plusieurs irrégularités et pratiques frauduleuses.
Il a présenté la transformation numérique de l’administration comme un instrument majeur de lutte contre la corruption et de protection des ressources publiques, Selon lui, la numérisation a déjà permis de mettre au jour différentes manipulations et devrait permettre de renforcer davantage le contrôle de l’activité économique.
Tebboune a également réaffirmé que l’Algérie ne souhaitait pas recourir à l’endettement auprès du Fonds monétaire international et que la gestion des devises devait rester guidée par la protection des réserves de change et de la souveraineté financière.
Chemin de fer, phosphate, ports et dessalement
Le président a aussi évoqué plusieurs projets structurants, Le projet ferroviaire reliant le nord du pays à Tamanrasset figure parmi les priorités nationales, Les préparatifs portent notamment sur les tronçons passant par Laghouat, Ghardaïa, El Meniaâ et In Salah.
Tebboune a indiqué vouloir accélérer la réalisation de cette ligne en ouvrant plusieurs chantiers simultanément, Le projet est considéré comme stratégique pour le désenclavement du Sud, la logistique et l’ouverture de l’Algérie sur sa profondeur africaine.
Il a également évoqué le développement du projet intégré de phosphate ainsi que l’extension du port d’Annaba, dont l’achèvement est attendu, selon les déclarations rapportées par l’APS, vers la fin du premier trimestre 2027.
Concernant l’eau, le chef de l’État a rappelé la poursuite du programme de stations de dessalement destiné à renforcer la sécurité hydrique du pays.
Sahara occidental : Alger réaffirme sa position
Sur le plan diplomatique, Tebboune a réaffirmé la position algérienne sur le Sahara occidental, estimant que la décision finale devait appartenir aux Sahraouis et qu’aucune solution ne pouvait leur être imposée.
Il a présenté le Maroc et le Front Polisario comme les deux parties au conflit, tandis que l’Algérie et la Mauritanie sont, selon la position défendue par Alger, des pays observateurs, Il a également affirmé que l’Algérie soutiendrait toute solution acceptée par le peuple sahraoui.
Plus largement, le président a insisté sur l’attachement de l’Algérie au principe de souveraineté des États, à la non-ingérence et au règlement politique des conflits, L’APS rapporte qu’il a présenté le développement économique comme l’un des principaux moyens de stabiliser le Sahel, estimant que la pauvreté et l’absence d’institutions favorisent le terrorisme et l’instabilité.
Niger, Mali et sécurité du Sahel
Le président a réaffirmé le soutien de l’Algérie au Niger ainsi que son attachement aux relations avec le Mali, Il a défendu une approche sécuritaire associant lutte contre les groupes terroristes, développement économique et respect de la souveraineté des États voisins.
Tebboune a par ailleurs affirmé que l’Algérie souhaitait préserver simultanément ses relations avec la Russie, la Chine et les États-Unis, en maintenant ce qu’il présente comme l’indépendance de sa décision diplomatique.
Une nouvelle phase de développement
À travers cet entretien, Abdelmadjid Tebboune a voulu présenter 2027 comme une année charnière, avec une hausse attendue des revenus, la poursuite des augmentations salariales, l’accélération des investissements et la réalisation de plusieurs grandes infrastructures.
Le chef de l’État a également appelé les compétences algériennes établies à l’étranger à participer davantage au développement scientifique et technologique du pays, considérant que la nouvelle phase engagée par l’Algérie nécessite de mobiliser son expertise nationale, y compris celle de la diaspora.
Sur le plan politique intérieur, il a enfin encouragé les jeunes, notamment les universitaires, à s’engager davantage dans la gestion locale et à se porter candidats aux responsabilités communales, Son message général repose ainsi sur trois axes : poursuivre la diversification économique, renforcer la protection sociale et préserver l’autonomie de décision de l’Algérie sur la scène internationale.


