WASHINGTON / BRUXELLES – Le Secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a qualifié ses récents échanges avec le président américain Donald Trump de « très francs et ouverts », lors d’un entretien accordé à CNN mercredi. Cette rencontre à huis clos à la Maison Blanche intervient dans un climat de tension extrême, alors que le président américain exprime ouvertement sa déception quant à l’implication de l’Alliance dans le conflit en Iran.
Un constat d’échec pour certains alliés
La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a rapporté que selon Donald Trump, l’OTAN a été « testée et a échoué » durant la guerre en Iran. Interrogé sur ce point, Mark Rutte a admis une part de vérité dans ces critiques : « Certains pays ont effectivement échoué, mais la grande majorité des nations européennes ont tenu leurs engagements logistiques et opérationnels. »
Rutte a insisté sur le fait que l’Europe a servi de « plateforme de projection de puissance » indispensable pour les États-Unis au cours des six dernières semaines, tout en disant comprendre la frustration de Trump face aux nations n’ayant pas respecté leurs promesses.
Vers une restructuration forcée de l’Alliance ?
L’enjeu dépasse la simple rhétorique. Selon des informations du Wall Street Journal, l’administration Trump élaborerait un plan visant à sanctionner les membres de l’OTAN jugés trop réticents à soutenir l’offensive américano-israélienne contre Téhéran.
Le plan prévoirait :
- Le retrait des troupes américaines stationnées dans les pays jugés « non coopératifs ».
- Le redéploiement de ces forces vers des nations alliées plus favorables à la campagne militaire actuelle.
Soutien stratégique et héritage de défense
Malgré les divisions, le chef de l’OTAN a balayé l’idée que la guerre soit jugée « illégale » au sein de l’Alliance, rappelant que l’OTAN a toujours considéré la réduction des capacités nucléaires et balistiques de l’Iran comme une priorité cruciale.
Enfin, pour apaiser les tensions, Mark Rutte a rappelé à Donald Trump son « héritage transformationnel » : l’engagement de porter les dépenses de défense à 5 % du PIB, une réforme majeure initiée sous l’impulsion du président américain.