La stratégie de rapprochement politique engagée par le candidat des Républicains Bruno Retailleau se poursuit, avec une utilisation assumée de la question algérienne pour séduire une partie de l’électorat. Une démarche également suivie par Jordan Bardella, héritier politique de Marine Le Pen, figure de l’extrême droite française réputée pour ses positions hostiles à l’égard de l’Algérie et son discours dur sur l’immigration.
Les déclarations de l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, sont venues brouiller les calculs des figures de la droite française, après avoir affirmé que la France souhaitait rétablir le rythme d’octroi des visas aux Algériens aux niveaux d’avant la crise diplomatique entre les deux pays, soit environ 250 000 visas par an, Il a également insisté sur le fait que les citoyens ne doivent pas être les victimes des différends politiques entre les États.
Ces propos ont provoqué la colère de Bruno Retailleau, qui les a qualifiés de « tragédie de voir la diplomatie française contrainte de baisser la tête à cause des concessions du président de la République (en référence à Emmanuel Macron) face au régime algérien ».
Il a également accusé l’Élysée d’avoir cédé sur la question du retour des ressortissants algériens qu’il qualifie de « délinquants » vers leur pays d’origine, ainsi que d’avoir abandonné « l’équilibre des relations entre les deux pays », Il a enfin reproché au pouvoir français de ne pas avoir rappelé le cas du journaliste français Christophe Gleizes, condamné par la justice algérienne pour des faits liés à l’apologie du terrorisme.
De son côté, Jordan Bardella, président du Jordan Bardella et héritier politique de Marine Le Pen, qui ambitionne d’accéder à l’Élysée malgré sa récente condamnation dans une affaire de détournement de fonds du Parlement européen, s’est empressé d’attaquer la position française, Dans une publication sur son compte personnel, il a affirmé « refuser catégoriquement » ce qu’il a qualifié de « capitulation menée par le macronisme face au régime algérien ».
Bardella ne s’est pas arrêté là, Il a une nouvelle fois tenté d’utiliser l’Algérie comme un levier électoral, promettant que, si les Français lui accordaient leur confiance, il « imposerait le respect de la France » face à ce qu’il décrit comme des « provocations », et qu’il reprendrait le contrôle de « la politique migratoire ».
Un discours qui illustre, selon le texte, la volonté persistante de l’extrême droite française d’exploiter la question algérienne pour attirer une partie de l’électorat.
Il semble que les partisans de la rupture avec l’Algérie, issus des milieux de l’extrême droite, soient désormais en pleine confusion, tels des « coqs décapités », après que leurs calculs se sont heurtés à une réalité politique et stratégique difficile à contourner.
Pour une large partie des acteurs en France, la politique d’escalade avec l’Algérie ne sert plus les intérêts français, compte tenu de la place stratégique qu’occupe l’Algérie dans la région méditerranéenne et en Afrique du Nord, ainsi que de son rôle essentiel en tant que partenaire incontournable dans les dossiers de l’énergie, de l’économie, de la sécurité, de l’immigration et de la lutte contre le terrorisme.
Autant de réalités qui s’imposent aux décideurs français, malgré la montée des discours de surenchère électorale.





