Algeria Gate : Après avoir perdu ses bases militaires, son influence politique et une partie de ses intérêts économiques au Niger, la France est désormais accusée par Niamey d’avoir tenté de provoquer un nouveau séisme politique aux portes du Sahel.
Les médias nigériens vient de lancer une accusation d’une gravité exceptionnelle : les autorités de Niamey affirment que la France et Emmanuel Macron seraient derrière la tentative de coup d’État avortée dans la capitale.
Selon le pouvoir de transition, des militaires de la base 100, située près de l’aéroport international Diori-Hamani, auraient participé à cette tentative, Plusieurs dizaines de soldats arrêtés ont été présentés à la télévision publique nigérienne.
Pour Niamey, il ne s’agirait pas d’une simple mutinerie, Les autorités évoquent une opération de déstabilisation, accompagnée d’une véritable guerre psychologique sur les réseaux sociaux.
La France face à la perte de son ancien pré carré
Depuis le renversement du régime de Mohamed Bazoum, le Niger a méthodiquement démantelé une partie de l’influence française : départ des forces françaises, remise en cause des anciens accords et réorientation des partenariats stratégiques.
Et derrière la bataille militaire se joue une autre guerre : celle des ressources.
L’uranium nigérien est devenu l’un des symboles de cette confrontation. Niamey cherche désormais à reprendre le contrôle de ressources exploitées depuis des décennies par des intérêts étrangers, notamment ceux du groupe français Orano.
Pour les autorités nigériennes, la question est donc désormais claire : la France acceptera-t-elle de perdre définitivement son influence au Niger ?
Un « scénario soudanais » aux portes du Sahel ?
C’est précisément ce que redoute Niamey, Les autorités affirment que l’objectif aurait été d’exploiter les tensions au sein de l’appareil militaire pour provoquer une confrontation interne et plonger le pays dans le chaos.
Un scénario qui rappelle, selon les médias proches du pouvoir nigérien, les logiques de déstabilisation observées ailleurs en Afrique.
Après avoir perdu le terrain diplomatique et militaire, Paris chercherait-il à reprendre la main par la crise ?
La question est désormais posée ouvertement à Niamey.
Les accusations contre la France et Emmanuel Macron restent toutefois contestées et n’ont pas été établies de manière indépendante, Mais leur portée politique est considérable : dans un Niger qui revendique désormais sa souveraineté et refuse le retour aux anciennes tutelles, la France est devenue le principal symbole d’un système d’influence que les nouvelles autorités veulent définitivement démanteler.
Et si les accusations de Niamey venaient à être étayées, ce ne serait pas seulement un putsch qui aurait été déjoué : ce serait une nouvelle tentative de maintenir à tout prix une influence française que le Sahel est en train de rejeter.




