Algeria Gate : Le Palais royal présente la fin de la MINURSO comme un pas vers la clôture du dossier sahraoui, Cinq jours plus tard, Mohammed VI réunit son ministre de l’Intérieur et le commandant de la zone Sud pour gérer l’après-MINURSO, Le nom de Nasser Bourita, lui, ne figure pas parmi les participants annoncés.
Bourita défend le pari, l’Intérieur organise la suite
Sur la chaîne 2M, le ministre marocain des Affaires étrangères assurait que Rabat avait anticipé le veto russe et choisi de ne pas chercher à l’éviter au prix d’un compromis sur le projet américain, Le 4 novembre, au Palais royal de Rabat, c’est au bureau de coordination rattaché au ministère de l’Intérieur que Mohammed VI confie le suivi du retrait, Le communiqué ne donne aucune raison à l’absence de Bourita de la liste officielle, Le contraste est politique, Le ministre a défendu le pari à la télévision, Au Palais, la priorité était d’en gérer les conséquences sur le terrain.
Deux vetos et une victoire que Rabat s’attribue
Le 30 octobre, la Russie a opposé son veto au projet américain, malgré onze voix favorables, Les États-Unis ont ensuite bloqué le projet russe de prolongation de la mission, Le mandat a expiré le 31 octobre et la liquidation a commencé le lendemain, Rabat a présenté cette issue comme un pas vers la clôture du dossier à l’ONU, Or le Sahara occidental figure toujours sur la liste onusienne des territoires non autonomes, et le secrétaire général a réaffirmé le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination ainsi que la poursuite des efforts de médiation de son envoyé personnel, Staffan de Mistura, Rabat célèbre une victoire sur le statut du territoire alors que le vote portait sur le mandat d’une mission.
Le risque d’escalade derrière le discours de victoire
Le Palais réaffirme son attachement au cessez-le-feu, Sur le terrain, les hostilités ont repris en 2020 et l’ONU les qualifie de faible intensité, Dans son rapport d’octobre, le secrétaire général avertissait que le départ de la MINURSO augmenterait sensiblement le risque d’escalade, Avec la fin de ses opérations, le territoire perd un dispositif international qui pouvait documenter les incidents, enquêter et dialoguer avec les parties pour désamorcer les tensions.
Voilà le piège du pari marocain, Rabat voulait faire du départ des Casques bleus le début de la fin du dossier sahraoui, Il ouvre une période où les incidents seront plus difficiles à vérifier, alors que le statut du territoire reste à régler, Au prochain accrochage, qui pourra établir les faits sur le terrain avant que chaque camp impose sa version ?