Algeria Gate : L’Algérie confirme son statut de partenaire énergétique stratégique sur la scène internationale. La Turquie affiche ouvertement sa volonté de prolonger son contrat d’approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL) avec Sonatrach, tout en augmentant les volumes importés chaque année. Une annonce qui témoigne de l’importance croissante du gaz algérien dans la stratégie énergétique d’Ankara.
Le ministre turc de l’Énergie et des Ressources naturelles, Alparslan Bayraktar, a réaffirmé, vendredi 6 novembre 2026, l’ambition de son pays de consolider sa coopération énergétique avec l’Algérie, notamment à travers le renouvellement du contrat gazier liant la compagnie nationale Sonatrach à la société turque BOTAŞ.
S’exprimant devant des journalistes, le responsable turc a souligné la solidité des relations énergétiques entre les deux pays et confirmé la volonté d’Ankara d’augmenter ses achats de gaz algérien avant l’expiration de l’accord actuel, prévue en septembre 2027.
Ankara vise jusqu’à 6,5 milliards de mètres cubes de gaz algérien par an
La Turquie ne souhaite pas simplement reconduire son partenariat avec l’Algérie. Elle envisage également une augmentation significative des quantités de gaz naturel liquéfié importées.
Le contrat actuel porte sur environ 4,4 milliards de mètres cubes par an. Selon les ambitions déjà exprimées par le ministre turc, ce volume pourrait atteindre 6 à 6,5 milliards de mètres cubes annuellement, dans le cadre d’un nouvel accord pouvant s’étendre sur une période de cinq à dix ans.
Une telle évolution représenterait une augmentation potentielle de près de 48 % des volumes contractuels, renforçant la place de l’Algérie parmi les fournisseurs stratégiques du marché turc.
Sonatrach, un partenaire fiable et incontournable
Le ministre turc a également salué la fiabilité de Sonatrach, avec laquelle son pays entretient des relations commerciales depuis plusieurs décennies.
Cette confiance s’appuie sur une coopération énergétique durable, dont les premières bases contractuelles remontent à 1988.
Les dernières données disponibles illustrent cette dynamique. En août 2026, les livraisons de gaz algérien à la Turquie ont atteint 383 millions de mètres cubes, soit une progression de 28 % par rapport à la même période de 2025. Le gaz algérien représentait alors environ 14 % des importations gazières turques.
Ces chiffres confirment le rôle important de l’Algérie dans la diversification des approvisionnements énergétiques d’Ankara.
Une coopération qui pourrait dépasser le commerce du gaz
Au-delà des livraisons de GNL, Alger et Ankara envisagent d’élargir leur coopération à de nouveaux domaines stratégiques.
Les discussions portent notamment sur de possibles projets conjoints d’exploration et de production d’hydrocarbures, impliquant Sonatrach et la compagnie pétrolière turque TPAO.
La Turquie a également évoqué la possibilité de valoriser une partie du gaz algérien sur les marchés du sud-est de l’Europe, notamment à travers ses infrastructures énergétiques et les connexions avec la Bulgarie.
Les deux pays souhaitent par ailleurs développer des projets communs dans le secteur énergétique et minier, y compris dans d’autres pays africains.
L’Algérie consolide son influence sur le marché énergétique international
Cette nouvelle déclaration turque intervient dans un contexte de recomposition des marchés mondiaux de l’énergie, marqué par la recherche de fournisseurs fiables et la sécurisation des approvisionnements à long terme.
Pour l’Algérie, le renouvellement et l’éventuel élargissement du partenariat avec Ankara pourraient constituer une opportunité de renforcer ses exportations, de consolider ses recettes énergétiques et d’élargir ses débouchés commerciaux.
Avec Sonatrach au cœur de cette coopération, l’Algérie confirme son rôle de fournisseur stratégique de gaz naturel en Méditerranée. La volonté affichée par Ankara témoigne de l’attractivité du potentiel gazier algérien, même si les nouvelles quantités et la durée du futur contrat restent à négocier et à officialiser.