À un moment particulièrement significatif, le siège de la Présidence de la République algérienne, à El Mouradia, a accueilli une rencontre consultative et interactive supervisée par Kamel Sidi Saïd, conseiller auprès du président de la République chargé de la Direction générale de la communication, ainsi que par le ministre de la Communication du gouvernement algérien, Mohamed Bouslimani, avec la participation de plusieurs directeurs de journaux électroniques agréés en Algérie.

La réunion ne s’est pas limitée à une simple séance d’écoute, Elle s’inscrit dans un processus plus large visant à redéfinir, dans un esprit de franchise et de transparence, la relation entre les institutions de la République et l’espace médiatique numérique.

Cette dynamique intervient notamment après les décisions prises par le président Abdelmadjid Tebboune en faveur de la presse électronique depuis son arrivée au pouvoir. Ces mesures ont contribué à donner un nouvel élan à des médias numériques qui, pendant longtemps, ont dû lutter pour leur pérennité.
La rencontre a ainsi placé le secteur de la presse électronique dans une position stratégique au sein du projet de la « nouvelle Algérie », tout en permettant aux responsables des médias numériques d’exposer leurs préoccupations et de présenter leur vision quant aux moyens de renforcer l’influence médiatique algérienne aux niveaux national, régional et international.




La presse électronique comme outil de puissance douce
Le message politique porté par la rencontre était particulièrement clair, La symbolique du lieu, au Palais d’El Mouradia, traduit selon des observateurs une volonté des autorités de reconnaître que les médias électroniques ne constituent plus un simple élément secondaire du paysage médiatique.
Ils ne sont plus considérés uniquement comme une extension de la presse écrite ou comme un simple complément aux grands médias publics et privés. Ils sont désormais perçus comme un instrument de la puissance douce algérienne et comme l’un des espaces majeurs de compétition autour des récits et de l’image du pays.




Dans un environnement régional et international marqué par la circulation rapide de l’information, la désinformation, les tentatives d’influence et les opérations transfrontalières, la presse numérique occupe ainsi une place croissante dans la diffusion et la défense du récit algérien, estiment des observateurs interrogés par Algeria Gate.
Une tradition de concertation avec les acteurs des médias
La consultation avec les professionnels du paysage médiatique algérien tend désormais à devenir une pratique régulière au sein de la Direction générale de la communication de la Présidence de la République.
Selon plusieurs observateurs, ces rencontres s’inscrivent dans une série de consultations institutionnelles destinées à élaborer une nouvelle vision du secteur, capable de suivre les profondes transformations qui touchent aujourd’hui le monde des médias.
Les institutions de la République ne se limiteraient ainsi plus à promulguer des textes juridiques et réglementaires avant d’attendre leur application par les entreprises médiatiques.




Elles s’orienteraient davantage vers une logique de politique participative, dans laquelle les professionnels sont invités à prendre part aux discussions, à présenter leurs préoccupations et à contribuer à la réflexion autour des futures orientations du secteur.
Cette évolution permet au professionnel des médias de passer progressivement du statut de simple destinataire de la politique médiatique à celui de partenaire dans sa conception.
Certains observateurs y voient une transformation importante dans l’organisation du paysage médiatique algérien et dans la manière de construire l’influence à une époque marquée par la polarisation et la « guerre des récits ».
L’information numérique, un enjeu de sécurité informationnelle
Les institutions algériennes semblent également adopter une vision dans laquelle le média électronique ne constitue plus seulement un canal classique de diffusion de l’information.
Il est désormais considéré comme une composante de la sécurité informationnelle, compte tenu de son rôle dans la circulation rapide des contenus, la formation de l’opinion publique et la réponse aux campagnes de désinformation.


Les médias numériques sont ainsi appelés à accompagner les transformations que connaît l’Algérie dans différents domaines, mais également à contribuer à la présentation de ses orientations, de ses projets et de son approche diplomatique auprès des opinions publiques nationales et internationales.
Dans ce contexte, le développement d’une presse électronique professionnelle, structurée et capable d’évoluer dans l’environnement numérique apparaît comme l’un des enjeux majeurs de la transformation du paysage médiatique algérien.





