Algeria Gate : La fuite massive qui a exposé les données de 70 381 agents des services de renseignement marocains pourrait révéler bien plus qu’une simple faille informatique, Selon le média espagnol ABC, l’ancien haut responsable de la Direction générale des études et de la documentation (DGED), Mehdi Hajaoui, pourrait avoir joué un rôle central dans la transmission d’informations au groupe de hackers Jabaroot.
Cette affaire prend une dimension particulièrement sensible lorsqu’elle est replacée dans le contexte des opérations de surveillance attribuées aux services marocains, Parmi les dossiers les plus retentissants figure celui de Pedro Sánchez : en mai 2022, le gouvernement espagnol avait confirmé que le téléphone du Premier ministre avait été infecté par le logiciel espion Pegasus en 2021, avec au moins une extraction de données, Madrid n’avait toutefois pas officiellement désigné le Maroc comme responsable de cette opération.
Le rapprochement est néanmoins explosif, Des enquêtes internationales menées dans le cadre du Projet Pegasus ont établi que des numéros liés au Maroc figuraient parmi les cibles du logiciel espion et que des appareils de journalistes et de militants avaient effectivement été infectés, Amnesty International a notamment documenté plusieurs cas d’utilisation de Pegasus contre des défenseurs des droits humains au Maroc et au Sahara occidental.
Aujourd’hui, le nom de Mehdi Hajaoui apparaît au cœur d’une nouvelle tempête, Ancien responsable de haut rang de la DGED, il aurait quitté le Maroc après une rupture avec le cercle du pouvoir et détiendrait, selon les sources citées par ABC, des documents et informations sensibles concernant le fonctionnement interne des services marocains.
La publication des données de 70 381 agents par Jabaroot pourrait ainsi constituer l’un des coups les plus sérieux portés à l’appareil sécuritaire marocain, Et si les accusations rapportées par les médias espagnols se confirmaient, l’affaire Hajaoui pourrait ouvrir une nouvelle fenêtre sur les méthodes de renseignement du Makhzen, notamment sur les opérations de surveillance menées au-delà des frontières marocaines.
Du piratage de responsables européens à la fuite de dizaines de milliers d’identités : le scandale Jabaroot pourrait ne faire que commencer.





