Algeria Gate : Coup de théâtre à dix jours de la rentrée, Le ministère de l’Éducation nationale vient d’annuler, ce jeudi 10 septembre, la réforme des programmes scolaires qu’il avait lui-même annoncée en grande pompe fin juillet, Un rétropédalage aussi soudain que la mesure initiale avait été contestée.
Ce qui a changé, en quelques mots
Tout est parti d’une décision publiée le 28 juillet, réaménageant les volumes horaires et les coefficients de plusieurs matières dans le secondaire, Sur le papier, ça ressemblait à un ajustement technique parmi d’autres, Dans les faits, deux points précis ont mis le feu aux poudres : la réduction du temps consacré à la philosophie au lycée, poussée jusqu’à sa suppression pure et simple pour les terminales scientifiques, et le remplacement du français par l’anglais dès la 3ᵉ année du primaire.

Deux sujets loin d’être anodins en Algérie, où la question des langues d’enseignement touche à des débats bien plus larges que la seule pédagogie.
La colère est montée, le ministère a reculé
La polémique n’a pas tardé à sortir du cercle des enseignants et des spécialistes de l’éducation pour s’installer dans le débat public. Parents, syndicats, observateurs : chacun y est allé de son commentaire, souvent inquiet, parfois franchement hostile. Un climat qui, visiblement, a fini par peser sur la décision finale.
C’est donc par une nouvelle décision, signée du ministre Mohamed Seghir Sadaoui et datée du 9 septembre, que tout est annulé. Noir sur blanc : la décision du 28 juillet est abrogée, tout comme les publications qui l’accompagnaient, Retour, purement et simplement, aux dispositions en vigueur depuis 2006.
Un décor présidentiel qui en dit long
Ce revirement n’arrive pas de nulle part, Quelques jours plus tôt, lors du Conseil des ministres du 6 septembre, le président Abdelmadjid Tebboune avait donné le ton, appelant à tenir l’école à l’écart de toute idéologie et à soumettre chaque changement à un examen plus rigoureux, Difficile de ne pas y voir un lien direct avec l’annulation qui suit.
Et ce n’est pas la première fois que le calendrier de cette rentrée 2026-2027 est chamboulé : la date elle-même avait déjà été repoussée du 6 au 21 septembre, sur instruction présidentielle, sans que les raisons en soient clairement détaillées à l’époque. Deux décisions, deux coups de frein, et une question qui reste en suspens : que reste-t-il, finalement, du projet de réforme porté par le ministère ?






