Algeria Gate : Le scandale du fonds souverain malaisien « 1MDB » revient sur le devant de la scène après la diffusion sur les réseaux sociaux d’un enregistrement audio datant de 2016. Celui-ci contient une conversation téléphonique entre l’ancien Premier ministre malaisien Najib Razak et le président actuel des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed Al Nahyane, qui occupait à l’époque le poste de prince héritier d’Abou Dhabi. Au cœur de cet échange : une demande concernant des documents de financement liés à Riza Aziz, le beau-fils de l’ancien dirigeant malaisien.
Une demande personnelle en pleine enquête internationale
En janvier 2020, la Commission malaisienne de lutte contre la corruption a rendu publics neuf enregistrements de conversations téléphoniques datant de janvier à juillet 2016, affirmant que des analyses médico-légales avaient confirmé leur authenticité.
Parmi ces enregistrements figure une conversation de juillet 2016 au cours de laquelle Najib Razak sollicite l’aide du prince héritier d’Abou Dhabi pour organiser un accord de prêt concernant Riza Aziz, dont le nom était apparu dans des enquêtes américaines sur des financements soupçonnés d’être liés aux fonds détournés de 1MDB.
Selon l’enregistrement rendu public, Najib souhaitait que cet accord établisse que les financements reçus par la société de production cinématographique liée à son beau-fils provenaient d’une source légitime, et non de fonds associés à de présumées opérations de blanchiment d’argent.
Cette demande intervenait alors que le département américain de la Justice avait engagé des procédures visant à récupérer des actifs soupçonnés d’avoir été acquis grâce à des fonds détournés du fonds souverain malaisien.
La conversation a ainsi attiré l’attention des enquêteurs et des médias internationaux.
Najib reconnaît avoir sollicité Mohammed ben Zayed devant la justice
L’affaire a connu un nouveau développement judiciaire le 15 janvier 2025, lorsque Najib Razak a reconnu devant un tribunal malaisien avoir demandé au prince héritier d’Abou Dhabi de l’époque son aide pour organiser des documents financiers concernant Riza Aziz.
L’ancien Premier ministre a toutefois présenté une interprétation différente de sa démarche.
Selon ses explications, son objectif était de documenter un financement qui existait déjà, et non de fabriquer une transaction financière destinée à dissimuler l’origine des fonds.
Un scandale financier aux ramifications internationales
L’affaire trouve son origine dans le fonds souverain 1Malaysia Development Berhad (1MDB), créé en 2009 pour financer des projets de développement économique en Malaisie.
Les enquêtes internationales ont mis au jour un réseau complexe de transferts financiers et d’acquisitions d’actifs soupçonnés d’avoir été financés par des fonds détournés.
Les autorités malaisiennes et américaines estiment qu’environ 4,5 milliards de dollars ont été détournés du fonds souverain.
Les investigations se sont étendues à plusieurs pays, notamment les États-Unis, Singapour et la Suisse, faisant de cette affaire l’un des plus importants scandales financiers internationaux de ces dernières décennies.
Octobre 2026 : un nouveau revers judiciaire pour Najib Razak
L’affaire ne s’est pas limitée aux enregistrements téléphoniques, le 14 octobre 2026, la Haute Cour malaisienne a rejeté la demande de Najib Razak visant à suspendre l’exécution d’une peine de 15 ans de prison prononcée à son encontre dans une autre affaire de corruption liée au même fonds souverain, son équipe de défense a annoncé son intention de contester cette décision devant une juridiction supérieure.
Ce nouveau développement remet en lumière une affaire qui continue de susciter de nombreuses interrogations sur les liens entre responsables politiques, transactions financières internationales et mécanismes présumés de corruption.
Le retour de l’enregistrement impliquant Najib Razak et Mohammed ben Zayed ravive ainsi l’attention portée à l’une des affaires financières les plus retentissantes du XXIᵉ siècle, sans que cet échange constitue, à lui seul, une preuve d’implication pénale du dirigeant émirati.