Algeria gate: Les relations économiques de l’Algérie avec la France et l’Italie évoluent selon des dynamiques différentes. Dans une analyse publiée par le site Réseau International, cette évolution est mise en lumière à travers le recul des échanges avec Paris et le renforcement du partenariat avec Rome, notamment grâce à la coopération énergétique et à l’augmentation des exportations italiennes vers le marché algérien.

Des échanges en recul avec la France
Selon les données du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, les échanges commerciaux entre l’Algérie et la France ont atteint 9,4 milliards d’euros en 2025, contre 11,1 milliards en 2024, soit une baisse de 14,8 %. Cette contraction s’explique notamment par le recul des prix des hydrocarbures, mais également par la diminution des exportations françaises vers l’Algérie. Elle intervient dans un contexte de tensions diplomatiques qui ont fragilisé les relations bilatérales depuis 2024.
L’Italie renforce sa présence économique en Algérie
À l’inverse, les échanges commerciaux entre l’Algérie et l’Italie ont atteint près de 13 milliards d’euros en 2025, selon les données de l’Agence italienne pour le commerce extérieur (ICE), rapportées par Agenzia Nova. Les exportations italiennes vers l’Algérie ont progressé de 13,8 %, pour atteindre 3,2 milliards d’euros. Les importations italiennes en provenance d’Algérie se sont établies à 9,78 milliards d’euros, dont une part importante est constituée de gaz naturel.
L’énergie demeure ainsi le pilier de ce partenariat. La coopération entre Sonatrach et le groupe italien Eni, ainsi que les discussions autour de l’augmentation des approvisionnements gaziers et de nouveaux projets d’exploration, renforcent la dimension stratégique de cette relation. Rome cherche notamment à consolider la sécurité de ses approvisionnements énergétiques, tandis qu’Alger entend élargir ses partenariats au-delà des hydrocarbures.
Cette dynamique se manifeste également dans le domaine industriel. Le 13 octobre 2026, le ministre algérien de l’Industrie a reçu l’ambassadrice d’Italie afin d’examiner les possibilités de renforcement des investissements et des projets industriels communs.
Pour autant, le recul des échanges avec la France ne signifie pas la disparition de sa présence économique en Algérie. Paris demeure un investisseur important, avec un stock d’investissements directs étrangers estimé à 3,1 milliards d’euros en 2024, selon les données de la Banque de France reprises par la diplomatie française.
Au-delà des chiffres, cette évolution traduit la volonté de l’Algérie de diversifier ses partenaires et de multiplier ses opportunités économiques. Pour Alger, l’enjeu consiste désormais à transformer cette ouverture en investissements productifs, en transferts de technologie et en retombées concrètes pour l’économie nationale.



