Algeria Gate : L’Algérie n’a pas été dupe des manœuvres de Paris visant à se repositionner militairement et à raviver son influence déclinante en Afrique à travers son dernier bastion au Tchad. Dans l’urgence, il semble que l’avion du chef de la diplomatie algérienne, Ahmed Attaf, qui a atterri ce mardi dans la capitale tchadienne, N’Djamena, soit investi d’une mission consistant à rogner les griffes de l’influence parisienne et à barrer la route aux agendas occultes de l’axe du mal, qui menacent l’unité et la souveraineté des États de la région du Sahel.
Cette initiative intervient parallèlement aux tentatives de Paris de revenir en Afrique après avoir été chassée des pays du Sahel, en cherchant à s’infiltrer militairement au Tchad. Ces manœuvres se sont notamment manifestées par l’escale de deux avions de chasse français de type « Mirage 2000 » et d’un avion de transport militaire de type « Casa » au Tchad, le 29 octobre dernier, présentée par Paris comme s’inscrivant dans le cadre de simples exercices militaires.
Et ce, à un moment où le Tchad est devenu une profondeur stratégique pour des parties hostiles à la stabilité du Niger, tandis que les milices du rebelle Haftar s’emploient à renforcer leur coopération avec N’Djamena.


Les mouvements diplomatiques algériens au Tchad coïncident également avec la rencontre entre Khaled Haftar, fils du chef de la milice rebelle de Benghazi, et le chef d’état-major des armées françaises, le général d’armée Fabien Mandon, dans la capitale française, Paris, afin de présenter des gages d’allégeance et de soumission à la France, qui perpétue la division entre l’est et l’ouest de la Libye et entrave toute solution politique.
Le message des maîtres de la région est clair. L’Algérie, dans un contexte de profondes mutations géopolitiques et sécuritaires au Sahel, et à la lumière des révélations de plusieurs rapports médiatiques, notamment ceux de l’analyste politique nigérien Chifou Souleymane, concernant l’implication du Maroc et des Émirats arabes unis, soutenus par l’axe France-Israël, dans un projet visant à mener une guerre par procuration à travers Haftar contre l’Algérie, entend faire échec à cette tentative désespérée de saper l’influence algérienne au Sahel.
Selon ces analyses, Khalifa Haftar, qui bénéficie de soutiens extérieurs dans ses efforts pour renforcer son autorité en Libye et préserver son influence à Benghazi ainsi que dans les territoires sous son contrôle, aurait déployé un nombre important de ses éléments, lourdement armés, tout au long de la frontière avec le Niger, à la suite du déploiement défensif algérien au Niger visant à sécuriser des installations pétrolières et des investissements communs.
L’Algérie ne se contente plus d’observer ni de recourir à une défense classique. Elle est passée à une approche sécuritaire préventive pour protéger sa sécurité nationale et ses intérêts stratégiques, tout en lançant une offensive diplomatique qui confirme son rôle de puissance incontournable.
L’axe du mal sait parfaitement que les pièces du jeu de dominos qu’il tente vainement de mélanger pour perturber l’approche algérienne dans les pays du Sahel et du Sahara ne pourront bouger sans le feu vert de l’Algérie.
De même, l’Algérie, qui s’appuie sur le principe des solutions africaines aux problèmes africains, n’acceptera pas que Paris redessine la carte sécuritaire de la région du Sahel selon les schémas d’une époque coloniale révolue et définitivement disparue.

Elle ne laissera pas non plus les cercles décisionnels français reconstituer une arrière-cour dans la région, ni en faire un terrain propice à leurs calculs et à leurs interventions militaires destinées à déstabiliser les frontières algériennes.
Le ministre algérien des Affaires étrangères, en sa qualité d’envoyé spécial du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, et porteur d’un message écrit du chef de l’État à son homologue tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, semble ainsi être présent à N’Djamena pour adresser un avertissement direct à Paris.
L’illustration la plus significative de cette nouvelle approche stratégique algérienne s’est concrétisée par le déploiement défensif et soigneusement étudié de détachements de l’Armée nationale populaire algérienne sur le territoire nigérien, afin de protéger des installations et des investissements communs.
Parmi les priorités figure notamment la sécurisation et la protection du tracé du gigantesque projet de gazoduc transsaharien, reliant le Nigeria, le Niger et l’Algérie, que ce nid de frelons, dirigé par le Maroc, les Émirats arabes unis, Israël et la France, tente de perturber.
Le message est donc clair et ferme : l’Algérie s’impose désormais comme une puissance de dissuasion stratégique, déterminée à défendre ses intérêts et sa sécurité nationale, et comme la seule garante légitime de la stabilité régionale.