Algeria Gate : L’offensive marocaine visant à banaliser sa présence au Sahara occidental occupé se heurte à de nouvelles résistances sur le terrain juridique européen. Après les controverses autour des accords commerciaux et de l’exploitation des ressources naturelles sahraouies, c’est désormais le secteur touristique et les liaisons aériennes internationales qui font l’objet d’une contestation croissante. À Bruxelles, une initiative parlementaire entend mettre en lumière le rôle des investissements étrangers dans la consolidation de l’occupation marocaine, tandis que la compagnie Ryanair est confrontée à une procédure judiciaire en Espagne.
En effet, le dossier sera au centre d’une conférence organisée ce mercredi 4 novembre 2026 au Parlement européen, sous le titre « Le pillage des ressources naturelles sahraouies et le tourisme sous occupation ». L’objectif est de dénoncer les mécanismes par lesquels Rabat chercherait à donner une apparence de normalité économique à sa présence dans un territoire dont le statut demeure une question de décolonisation non résolue.
Organisée par le groupe parlementaire européen de solidarité avec le peuple sahraoui, en coordination avec les instances sahraouies chargées des ressources naturelles et des questions juridiques, la rencontre réunira des parlementaires, des avocats et des spécialistes du droit international.
Au cœur des débats figure un rapport consacré au développement touristique dans la ville occupée de Dakhla. Intitulé « Le tourisme dans le contexte de l’occupation : le cas de la ville de Dakhla occupée », le document examine les investissements étrangers, leurs conséquences sur les populations locales et les implications juridiques des partenariats conclus par le Maroc avec des acteurs européens.
Les auteurs s’intéressent particulièrement au transport aérien, notamment aux liaisons commerciales assurées par Ryanair entre Madrid et Dakhla. Ces dessertes sont présentées comme un instrument contribuant à installer une réalité économique sur le terrain et à promouvoir la ville comme une destination touristique ordinaire, en occultant délibérément la question de son statut juridique.
Derrière les campagnes de promotion touristique et les perspectives d’investissement se pose ainsi une question fondamentale : des entreprises étrangères peuvent-elles participer au développement économique d’un territoire occupé sans tenir compte des droits de sa population et de son droit à l’autodétermination ?
Le rapport, déjà présenté à Madrid le 26 octobre dernier, met également en garde contre les répercussions des projets touristiques sur les ressources naturelles, les écosystèmes côtiers et les intérêts des Sahraouis.

