Algeria Gate : La situation sanitaire suscite de nouvelles inquiétudes au Maroc. La propagation de la leishmaniose cutanée dans plusieurs localités du sud-est du royaume prend de l’ampleur, notamment dans les provinces de Zagora et d’Errachidia, où plus de 400 cas auraient été recensés. Face à cette situation, des associations locales dénoncent les insuffisances de la prise en charge sanitaire et réclament une intervention urgente des autorités.
En effet, dans un communiqué publié ce samedi, l’Association des amis de l’environnement de la province de Zagora a alerté sur l’aggravation de la situation épidémiologique. Citée par le média marocain Hespress, l’organisation met notamment en cause le manque de structures sanitaires adaptées et l’insuffisance des effectifs médicaux dans les zones touchées.
Ces carences compliquent considérablement le dépistage, le suivi médical et l’accès aux traitements, particulièrement pour les enfants, une catégorie particulièrement vulnérable face à la maladie.
Au-delà de la progression des contaminations, les associations pointent du doigt plusieurs facteurs environnementaux susceptibles de favoriser la multiplication des insectes vecteurs. La prolifération des rongeurs, l’accumulation des déchets et la présence de points d’eau stagnante constituent autant de conditions propices au développement des phlébotomes, communément appelés mouches des sables.
La maladie se transmet à l’être humain par la piqûre d’un insecte infecté. Face à ces risques, l’association de Zagora réclame le déploiement de davantage d’équipes médicales, la disponibilité des médicaments nécessaires ainsi que le renforcement des opérations de lutte contre les rongeurs et les insectes vecteurs. Elle appelle également à l’élimination des foyers d’insalubrité.
La situation apparaît également préoccupante dans la province d’Errachidia. À El Jorf, Younes Kadri, membre de la commission administrative de l’Association marocaine des droits humains, a alerté sur les difficultés rencontrées par les structures sanitaires locales. Selon lui, le dispensaire de la région ne serait plus en mesure de prendre en charge l’ensemble des personnes infectées, d’où la nécessité de renforcer les capacités médicales et de garantir l’accès aux traitements.
Les inquiétudes exprimées par les organisations locales interviennent dans un contexte marqué par une présence persistante de la maladie au Maroc. Les données du ministère marocain de la Santé et de la Protection sociale font état de 3079 cas de leishmaniose enregistrés durant l’année 2024. Parmi eux, 3015 relevaient de la forme cutanée et 64 de la forme viscérale.
Cette dernière, également connue sous le nom de kala-azar, constitue la manifestation la plus grave de la maladie. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), elle peut entraîner la mort dans plus de 95 % des cas lorsqu’elle n’est pas traitée. La forme cutanée, quant à elle, provoque des lésions et des ulcérations susceptibles de laisser des cicatrices permanentes.
La multiplication des alertes dans le sud-est marocain remet ainsi en lumière les difficultés d’accès aux soins dans certaines zones du royaume et pose la question de l’efficacité des dispositifs de prévention, de surveillance sanitaire et de lutte contre l’insalubrité.
