Il ne se passe pas une semaine sans que l’hebdomadaire Le Point — ce vestige d’un journalisme autrefois sérieux — ne consacre une page, un éditorial ou une chronique à l’Algérie
Mais toujours sur le même ton : celui du mépris, de la caricature, de l’animosité. Ce n’est plus de l’information : c’est un acharnement méthodique, une forme de pulsion éditoriale dont le lecteur ne peut que s’interroger sur l’origine.

Car pour comprendre sur qui aboie le chien, il faut regarder qui tient la laisse

Ce torchon agonisant appartient à François Pinault, figure emblématique du capitalisme de droite, mécène d’apparat et soutien de longue date des élites les plus conservatrices de France.

Sous sa « bienveillante » tutelle, Le Point s’est mué en plateforme idéologique, où la liberté d’expression semble être confondue avec le droit à la haine — en particulier lorsque l’Islam ou l’Algérie sont en ligne de mire
À cela s’ajoute une fascination constante pour Israël, dont l’image est soigneusement brossée, bien à l’abri de toute critique

Aujourd’hui, Le Point vit une crise , Financière d’abord, avec des ventes en chute libre, une crédibilité érodée, et un lectorat vieillissant
Pour survivre, il a dû sacrifier ses meilleures plumes, trop coûteuses, pour les remplacer par des pigistes sous-payés, parfois venus d’Algérie, employés comme on distribue des oboles : écrire contre leur propre terre, en échange d’une visibilité fugace
Ne se vendant plus, Le Point s’est vendu lui-même. Abandonnant toute prétention à la rigueur, il a glissé vers une ligne éditoriale calibrée pour séduire l’extrême droite française : xénophobe, islamophobe, colonialiste sous couvert de nostalgie. Il ne propose plus de réflexion ; il offre une exutoire. Il ne cherche plus à éclairer ; il cherche à irriter
Mais ce qui attriste le plus, c’est de constater que cette machine à dénigrer est souvent alimentée par des journalistes d’origine algérienne
Ceux-là mêmes qui, pour une place au banquet des maîtres, tournent le dos à leur histoire, à leur peuple, à leur mémoire
Car qui mieux qu’un félon pour frapper là où cela fait mal
Bientôt, cet hebdomadaire titubant déclarera faillite et sombrera dans l’oubli, tandis que l’Algérie, elle, demeurera debout, fière, inébranlable. L’acharnement maladif du Point contre notre pays ressemble aux derniers soubresauts d’une bête saignée par ses propres dettes — des convulsions vaines, grotesques, d’un journal à l’agonie qui, dans sa chute, cherche un ennemi à maudire pour oublier sa propre mort







