La coopération militaire entre Israël et le Maroc est entrée dans une phase nouvelle, plus structurée, plus assumée, Selon une analyse récente du Jewish News Syndicate (JNS), le Maroc s’est imposé comme l’un des premiers clients de l’industrie de défense israélienne.
Le catalogue des acquisitions est éloquent : défense aérienne, drones, renseignement, artillerie, missiles et satellites, Rabat a acquis le système Barak MX d’Israel Aerospace Industries, les drones Hermes et Heron, 36 obusiers automoteurs ATMOS 2000 et les lance-roquettes PULS d’Elbit Systems. Il envisage en outre de coupler les missiles israéliens LORA, d’une portée annoncée de 400 à 500 kilomètres, aux systèmes HIMARS américains qu’il doit recevoir des États-Unis.
Il ne s’agit plus de contrats isolés, Ces composantes s’articulent progressivement en un ensemble cohérent, associant surveillance, renseignement, défense aérienne et capacité de frappe.

Reste la question du financement, Le JNS cite un observateur occidental selon lequel une partie de ces achats serait couverte par des capitaux du Golfe, au premier chef émiratis.
L’ensemble s’inscrit dans le cadre des Accords d’Abraham : Israël fournit la technologie, les monarchies du Golfe apportent les ressources financières et les réseaux d’investissement.
Rien ne permet d’établir l’existence d’une alliance militaire formelle dirigée contre l’Algérie, Mais les éléments disponibles dessinent une coopération bilatérale et une convergence d’intérêts régionaux, inscrites dans un cadre commun dont l’orientation algérienne ne fait guère de doute.
Le Maroc dispose désormais d’un accès élargi aux technologies israéliennes en matière de renseignement, de surveillance, de défense aérienne et de frappe.
Le Salon de l’aéronautique de Marrakech, du 7 au 10 octobre, doit donner à ce rapprochement sa pleine visibilité, avec la participation de cinq groupes israéliens : IAI, Elbit Systems, Rafael, Xtend et UVISION.
Pour l’Algérie, la vigilance ne porte donc plus seulement sur les armements livrés au voisin, Elle porte aussi sur la constitution, autour du Maroc, d’un réseau qui conjugue technologies israéliennes, capitaux du Golfe et partenariats militaires occidentaux.
C’est cette convergence, bien plus que tel ou tel contrat, qui reconfigure progressivement l’équilibre stratégique au Maghreb et nourrit, à Alger, une perception accrue des menaces pesant sur la stabilité régionale.










