L’intellectuel peut-il sombrer dans la démagogie ? Oui, lorsqu’il se laisse submerger par la logique des foules et du troupeau, lorsque la « ghawghâ’iyya » (la rhétorique populiste) l’emporte sur la rigueur de la pensée.
Pourquoi Djabi est-il tombé dans ce piège ?
Parce qu’il préfère dire ce qui flatte les masses et les démagogues, afin de récolter les likes et les louanges sur Facebook.

La preuve ? La solidarité véritable de l’intellectuel est toujours mesurée, réfléchie et désintéressée. S’il avait pris ne serait-ce qu’une minute pour vérifier les faits, Djabi aurait découvert ceci :

Premièrement, le livre déposé par Fatima Oussedik portait un ISBN falsifié, ce qui rendait sa publication illégale. Il ne s’agit donc pas d’une simple affaire de censure, mais d’une violation claire de la loi, qui mérite d’être tranchée par la justice.
Deuxièmement, s’il avait simplement demandé à son ami Arzéki Aït Larbi, directeur des éditions « Koukou », celui-ci lui aurait confirmé sans détour l’existence de cette falsification.

Troisièmement, toute cette affaire ressemble étrangement à une mise en scène rappelant l’interdiction de la conférence de Mouloud Feraoun (que Dieu ait son âme) àTizi Ouzou, événement qui avait déclenché le Printemps amazigh.
L’incident du livre d’Oussedik intervient précisément à la veille des commémorations du 20 avril 2026.
Il fallait un scénario dramatique de « répression culturelle » pour donner à cette date un relief particulier et fabriquer un « cocktail » médiatique mémorable.
Quatrièmement, ce livre porte atteinte aux fondements mêmes de la coexistence que l’Algérie a si dignement illustrée devant le Pape. Dans le résumé figurant sur la couverture, Fatima Oussedik elle-même indique que le contenu est le fruit de quarante années de recherches et d’enquêtes, et qu’elle n’avait trouvé aucun moment plus opportun pour le « faire éclore à la lumière » que l’approche du 20 avril, juste après la visite du Pape, ardent défenseur de la paix et du vivre-ensemble.
Dès lors, la question s’impose avec force : Djabi exprime-t-il sa solidarité avec la stratégie ou avec l’auteure talentueuse du livre ?
Je préfère, par naïveté, croire qu’il ne s’agit que d’une simple coïncidence de faits et de dates…










