Algeria Gate : L’analyste politique et strategique americain Andrew Korybko a livre, depuis Moscou, une analyse exclusive a Algeria Gate au jour de l’annonce de la rupture des relations diplomatiques entre l’Algerie et les Emirats arabes unis, estimant que cette decision etait attendue depuis plusieurs annees.

Une decision « previsible », selon l’analyste
Selon Andrew Korybko, la decision de l’Algerie de rompre ses relations avec les Emirats arabes unis n’a rien d’une surprise, Il estime qu’elle etait previsible depuis des annees et qu’elle est intervenue apres de nombreux signaux forts envoyes par Alger dans cette direction.
Un rapprochement juge problematique avec le « Maroc, la France et Israel »
L’analyste avance que les Emirats se seraient considerablement rapproches de ce qu’il decrit comme un axe compose du Maroc, de la France et d’Israel, des pays qu’il presente comme entretenant des relations tendues avec l’Algerie et ayant, selon lui, tente de saper sa securite et sa stabilite par differents moyens au cours des dernieres annees.
L’hypothese d’une « guerre hybride multilaterale »
Au vu de la gravite de cette decision algerienne, Korybko avance une hypothese: le declencheur direct de la rupture pourrait etre la decouverte, par les services de renseignement algeriens, reputes pour leur efficacite, de ce qu’il qualifie de « preuves fiables » d’une cooperation entre les Emirats et ces trois pays, dans le cadre d’une campagne de guerre hybride multilaterale visant a encercler l’Algerie sur les plans politique, economique et militaire, Il convient de souligner qu’il s’agit la d’une hypothese formulee par l’analyste lui-meme, qui n’a pas ete confirmee de maniere independante ni par les autorites algeriennes ni par aucune autre source.
Un recul d’influence des Emirats sous Mohammed ben Zayed, selon Korybko
L’analyste estime par ailleurs que les Emirats arabes unis, qui jouissaient autrefois d’une influence et d’un respect considerables parmi les pays arabes et musulmans, auraient perdu, sous la direction de Mohammed ben Zayed, une grande partie de cette influence, devenant selon lui largement impopulaires en raison de leurs politiques a l’egard du Soudan et du Yemen, et dans une moindre mesure de la Somalie.
Un choix strategique pour Abou Dhabi, selon l’analyste
Korybko conclut son analyse en estimant que les Emirats arabes unis se trouveraient desormais face a un choix: soit poursuivre ces politiques, y compris leurs relations etroites avec le Maroc, Israel et la France, soit voir le cercle des pays hostiles a Abou Dhabi continuer de s’elargir.
