Algeria Gate : La transformation de l’économie algérienne commence à se refléter dans les indicateurs de production et d’exportation. Dans une analyse consacrée aux perspectives de diversification du pays, le Fonds monétaire international (FMI) met en évidence une progression graduelle des activités hors hydrocarbures, portée notamment par les réformes économiques, les investissements publics et l’émergence de nouvelles filières productives.
En effet, cette analyse élaborée par Haris Tsangarides chef de mission du FMI pour l’Algérie et chef de division au département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI, François Painchaud économiste principal et Véronique Salins, économiste, témoigne d’une évolution notable de la structure de l’économie nationale. Entre 2013 et 2025, la contribution des secteurs hors hydrocarbures au produit intérieur brut (PIB) est passée de 84,7 % à environ 89,4 %. Une progression qui traduit l’élargissement progressif de la base économique algérienne et la montée en puissance d’activités situées en dehors du secteur énergétique.
Cette évolution se retrouve également dans les échanges extérieurs. La part des exportations de biens hors hydrocarbures dans les exportations réelles est passée d’environ 2 % en 2013 à près de 9 % en 2025. Elle avait même franchi le seuil des 10 % en 2022, illustrant les possibilités de développement des capacités exportatrices du pays.
Autre indicateur révélateur : la diversification de la composition des ventes extérieures. Les produits chimiques et les métaux occupent désormais une place plus importante dans les exportations hors hydrocarbures. En 2024, les produits chimiques représentaient approximativement la moitié de ces ventes, tandis que les métaux en constituaient près de 20 %.
Ces résultats confirment une évolution progressive du modèle économique national. Si les hydrocarbures conservent une position dominante dans les recettes d’exportation, l’élargissement des activités productives et l’apparition de nouveaux segments exportateurs constituent des avancées importantes dans la réduction de cette dépendance.
Des réformes pour accélérer la transformation économique
Dans son analyse, le FMI, met également en avant les mesures engagées par les autorités pour améliorer l’environnement de l’investissement. La simplification des démarches administratives, l’évolution des textes encadrant l’investissement et le foncier économique, la réforme du secteur minier ainsi que le développement du guichet unique numérique figurent parmi les initiatives relevées par l’institution.
L’Algérie dispose, à cet égard, de plusieurs atouts pour consolider cette dynamique. Ses ressources naturelles, ses infrastructures et sa position géographique entre l’Europe et l’Afrique lui offrent des perspectives de développement dans des domaines stratégiques, notamment les mines, l’agriculture, la sécurité hydrique et alimentaire, les transports et les échanges commerciaux.
Les investissements publics constituent un autre levier essentiel de cette stratégie. Les grands projets d’infrastructures et l’exploitation des ressources minières sont appelés à renforcer les capacités productives du pays, tout en facilitant son intégration aux circuits commerciaux régionaux et internationaux.
Le FMI estime toutefois que ces investissements doivent être orientés vers les projets présentant le meilleur potentiel en matière de productivité, de création d’emplois et d’entraînement du secteur privé. L’objectif est de faire des dépenses publiques un véritable moteur de développement économique durable.
Le secteur privé, prochain moteur de croissance
Au-delà des investissements de l’État, l’institution financière considère que la consolidation du tissu entrepreneurial sera déterminante pour inscrire les progrès enregistrés dans la durée. L’amélioration de l’accès au financement, le développement des compétences, la modernisation technologique et l’instauration de conditions de concurrence plus équilibrées entre entreprises publiques et privées figurent parmi les principaux leviers identifiés.
Le FMI souligne également la nécessité de préserver les équilibres budgétaires, notamment dans un contexte où les grands projets d’investissement entraînent une hausse des importations et des besoins de financement. Il préconise ainsi une meilleure efficacité des dépenses publiques et une mobilisation accrue des recettes fiscales hors hydrocarbures, sans compromettre les investissements prioritaires ni les dispositifs de protection sociale.
