Algeria Gate : Le gouvernement entend maintenir un niveau élevé de dépenses publiques en 2027, tout en poursuivant ses investissements dans les infrastructures et les secteurs productifs. Présenté ce lundi 2 novembre devant les députés de l’Assemblée populaire nationale (APN), le projet de loi de finances (PLF) pour 2027 prévoit notamment la création de 125.675 postes budgétaires, une enveloppe de plus de 2414 milliards de dinars pour les transferts sociaux et une croissance économique estimée à 4,2 %.
En effet, c’est le ministre des Finances, Mohamed Lamine Lebbou, qui a exposé les principales orientations de ce texte lors d’une séance plénière présidée par la présidente de l’APN, Khalida Boufedeche, en présence de plusieurs membres du gouvernement. À travers cette nouvelle loi de finances, l’exécutif entend préserver les mécanismes de soutien aux ménages, renforcer les capacités de l’économie nationale et assurer la poursuite des grands programmes d’investissement.
Ainsi, sur le plan macroéconomique, le PLF 2027 repose sur une prévision de croissance du produit intérieur brut (PIB) de 4,2 %. Cette progression devrait être notamment soutenue par les activités économiques hors hydrocarbures, dans un contexte où la diversification des sources de richesse demeure un objectif central de la politique économique nationale.
Les recettes budgétaires prévisionnelles sont, quant à elles, évaluées à 9251,1 milliards de dinars. Ces projections traduisent la volonté des pouvoirs publics de maintenir les ressources nécessaires au financement des politiques publiques, tout en veillant à la préservation des équilibres financiers face aux incertitudes de l’environnement économique international.
Le soutien aux ménages reste une priorité budgétaire
Malgré les ambitions affichées en matière d’investissement et de développement économique, la dimension sociale occupe une place importante dans le projet de budget. L’enveloppe consacrée aux transferts sociaux est fixée à 2414,15 milliards de dinars, confirmant le maintien d’un effort financier conséquent en faveur des ménages.
À l’intérieur de cette enveloppe, 717,7 milliards de dinars sont destinés à la subvention et à la stabilisation des prix des produits de première nécessité. Un dispositif qui vise à préserver l’accès des citoyens aux produits de large consommation et à limiter les répercussions des fluctuations économiques sur leur pouvoir d’achat.
Le volet de l’emploi bénéficie également d’une attention particulière. Le gouvernement prévoit l’ouverture de 125.675 postes budgétaires au cours de l’exercice 2027. Les secteurs de la santé, de l’éducation nationale et du logement figurent parmi les domaines concernés par cet effort, parallèlement à la poursuite des programmes d’équipements publics à travers le pays.
Les grands chantiers industriels et ferroviaires maintiennent le cap
L’autre dimension importante du PLF 2027 concerne la continuité des investissements structurants. Le gouvernement entend notamment poursuivre les projets liés à l’exploitation du gisement de fer de Gara Djebilet et au développement du projet intégré du phosphate.
Ces deux programmes occupent une place stratégique dans les ambitions industrielles de l’Algérie, notamment en matière de valorisation des ressources minières et de développement des activités de transformation. Leur réalisation s’inscrit dans une démarche visant à élargir la base productive nationale et à réduire progressivement la dépendance aux recettes des hydrocarbures.
Le développement du réseau ferroviaire figure également parmi les priorités évoquées dans le cadre de ce programme d’investissement, avec notamment la ligne stratégique reliant Alger à Tamanrasset. À ces projets s’ajoutent les efforts consacrés à la modernisation de l’administration et à la transition numérique, deux leviers destinés à améliorer les prestations publiques et à faciliter les démarches des citoyens et des opérateurs économiques.
Fiscalité, investissement et lutte contre la fraude
Sur le volet législatif, le projet de loi de finances s’articule autour de neuf axes de mesures. L’objectif est notamment d’améliorer le climat des affaires, d’encourager l’investissement et de renforcer la production nationale.
La modernisation du système fiscal constitue un autre chantier important. Les orientations présentées prévoient un élargissement de l’assiette fiscale, une amélioration du recouvrement des recettes publiques et un renforcement des mécanismes de lutte contre la fraude et l’évasion fiscales.
La simplification des procédures douanières ainsi que l’amélioration de la gestion du patrimoine public figurent également parmi les orientations retenues.
À travers ce PLF 2027, l’exécutif tente ainsi de maintenir un équilibre entre trois impératifs : préserver les mécanismes de solidarité sociale, financer les grands projets économiques et moderniser les instruments de gestion des finances publiques. Le texte devra désormais suivre son parcours législatif devant le Parlement.





