Algeria Gate : L’ancien ambassadeur algérien Amar Belani a vivement réagi au nouveau rapprochement entre le Maroc et Israël. Selon lui, six ans après leur lancement, les Accords d’Abraham sont devenus un véritable accélérateur de la normalisation entre Israël et plusieurs pays arabes.
Dans une longue publication diffusée sur Facebook sous le titre « Israël, Maroc et Émirats : les nouveaux contours d’un axe du mal », l’ancien diplomate revient notamment sur la cérémonie organisée à New York le 15 septembre 2026, réunissant des représentants d’Israël, des Émirats arabes unis, de Bahreïn, du Maroc, du Kazakhstan et des États-Unis.
Pour Belani, cette rencontre illustre la transformation progressive des Accords d’Abraham en un réseau structuré de coopération diplomatique, économique et sécuritaire.

Un rapprochement Maroc–Israël qui s’accélère
L’ancien ambassadeur souligne que, dès le lendemain de cette rencontre, Rabat et Tel-Aviv ont annoncé une nouvelle étape dans leurs relations, avec le relèvement de leur représentation diplomatique au niveau des ambassades, l’échange d’ambassadeurs et la reprise des liaisons aériennes directes.
Les deux parties souhaitent également approfondir leurs relations économiques, tandis que plusieurs accords portant notamment sur la protection des investissements et la suppression de la double imposition devraient être finalisés avant la fin de l’année 2026.

Amar Belani estime que cette accélération intervient dans un contexte particulièrement sensible marqué par la guerre à Gaza et la poursuite des violences en Cisjordanie.
Il pointe ainsi ce qu’il considère comme une contradiction entre les déclarations marocaines de soutien aux Palestiniens et l’approfondissement des relations avec Israël, rappelant que le roi Mohammed VI préside le Comité Al-Qods.
Selon lui, loin de ralentir en raison de la guerre, la normalisation entre Rabat et Israël continue au contraire de progresser.

L’Algérie au cœur des préoccupations de Belani
L’ancien diplomate estime également que la coopération entre le Maroc et Israël dépasse désormais largement le domaine diplomatique, Elle concernerait notamment la défense, les drones, le renseignement et les technologies militaires.
Pour Belani, cette évolution modifie directement les équilibres sécuritaires au Maghreb et l’Algérie figure, selon son analyse, parmi les pays concernés par les conséquences de cette nouvelle configuration régionale.
Il revient également sur la reconnaissance américaine, sous l’administration Trump, de la souveraineté revendiquée par le Maroc sur le Sahara occidental, qu’il présente comme l’un des éléments majeurs ayant accompagné la normalisation maroco-israélienne.

Le rôle des Émirats arabes unis
Amar Belani consacre également une large partie de son analyse aux Émirats arabes unis, Selon lui, Abou Dhabi a fait depuis plusieurs années le choix stratégique de développer une coopération étroite avec Israël, notamment dans les domaines sécuritaire et militaire.
Il affirme par ailleurs que les Émirats soutiennent le Maroc financièrement et militairement, favorisant ainsi l’émergence de ce qu’il décrit comme un triangle Rabat–Abou Dhabi–Tel-Aviv.
Selon l’ancien ambassadeur, cette coopération ressemble de plus en plus à une alliance stratégique à trois, même si elle ne prend pas officiellement la forme d’un pacte militaire.
Belani considère que cette dynamique pourrait avoir des conséquences directes sur la sécurité et la stabilité de l’Algérie.

Maghreb et Sahel, nouveaux terrains de rivalités
Pour l’ancien diplomate, l’influence issue des Accords d’Abraham ne se limite désormais plus au Moyen-Orient, Elle s’étend progressivement au Maghreb et au Sahel, devenus selon lui des espaces majeurs de concurrence géopolitique.
Il établit ainsi un lien entre le rapprochement entre Rabat, Abou Dhabi et Tel-Aviv et les tensions qui opposent Alger au Maroc et aux Émirats arabes unis.

Dans son analyse, plusieurs stratégies régionales se croisent : les ambitions territoriales et diplomatiques marocaines, l’expansion économique et sécuritaire des Émirats et le développement des partenariats israéliens dans les secteurs de l’armement, du renseignement et de l’intelligence artificielle.
Pour Belani, il ne s’agit donc plus de simples coopérations bilatérales isolées, mais d’une interdépendance croissante entre les trois acteurs dans les domaines de la défense, de l’investissement, de la technologie et de la sécurité.
L’ancien ambassadeur conclut que le Maghreb et le Sahel sont en train de devenir un nouveau théâtre de rivalités d’influence, où ces rapprochements pourraient progressivement modifier les équilibres géopolitiques régionaux.

