ALGERIA GATE – Plus d’un an après son rappel à Paris en pleine crise diplomatique, l’ambassadeur français Stéphane Romatet est revenu ce vendredi à Alger, accompagné de la ministre déléguée aux Armées Alice Rufo, pour participer à la commémoration des massacres du 8 mai 1945 à Sétif.
Ces événements tragiques, où l’armée coloniale française avait réprimé dans le sang les manifestations pacifiques du peuple algérien aspirant à l’indépendance, restent une plaie vive dans la mémoire nationale algérienne.
Selon l’Élysée, ce retour vise à « restaurer un dialogue efficace ».
Cependant, Alger estime que ce geste ne peut aboutir que si Paris met fin immédiatement aux campagnes médiatiques hostiles diffusées notamment par les médias du groupe Bolloré et cesse les provocations répétées des responsables politiques de l’extrême droite française contre l’Algérie.
La crise avait éclaté et s’était durablement envenimée en raison du refus français de reconnaître pleinement ses crimes coloniaux, des polémiques mémorielles incessantes, ainsi que des restrictions unilatérales imposées à la liberté de circulation des personnes.
Face à cette attitude, l’Algérie a maintenu une position de fermeté et de souveraineté.
Paris a été la grande perdante de cette confrontation : les entreprises françaises ont perdu une grande partie du marché algérien, subissant des pertes financières considérables, tandis que la coopération sécuritaire entre les deux pays a été totalement gelée.
Le retour de l’ambassadeur est perçu à Alger comme une reconnaissance implicite de l’échec de la stratégie de confrontation française et une reculade forcée.
Reste désormais à savoir si la France passera des annonces aux actes concrets : arrêt des attaques médiatiques, reconnaissance historique sincère et respect de la souveraineté algérienne.







