Algeria Gate : La dégradation des relations entre Alger et Paris ne se joue plus seulement sur le terrain diplomatique. Elle se lit aussi dans les chiffres du commerce, où les entreprises françaises voient leur position se fragiliser sur le marché algérien. Les données citées par la presse française dessinent une facture économique difficile à ignorer.
Dans un article publié ce 30 septembre, le Journal du Dimanche revient sur les tensions commerciales entre les deux pays et rapporte plusieurs chiffres issus des douanes françaises.
Ainsi, selon les douanes françaises citées par Marianne et reprises par le JDD, les échanges commerciaux entre la France et l’Algérie ont atteint 8,6 milliards d’euros entre août 2025 et juillet 2026, contre 11,2 milliards d’euros en 2024. Soit une baisse de 2,6 milliards d’euros en valeur.
Les exportations françaises suivent la même pente. Elles sont tombées à 4 milliards d’euros sur les douze derniers mois, contre 4,2 milliards en 2025 et 4,8 milliards en 2024. En deux ans, la France a donc perdu près de 800 millions d’euros d’exportations vers l’Algérie.
Pour les entreprises françaises, c’est un marché de plusieurs milliards qui s’est contracté, dans un contexte politique particulièrement tendu.
Autre signe qui compte : la France a perdu sa place de premier fournisseur de l’Algérie, au profit de la Chine. L’Algérie diversifie ses partenaires commerciaux, et d’autres fournisseurs internationaux occupent désormais plus de place.
Plusieurs secteurs français encaissent des reculs marqués. Les exportations agroalimentaires ont chuté de 60 %, de 119 à 47 millions d’euros. Les équipements automobiles ont reculé de 37 %, et les produits liés à la construction automobile de 15 %, toujours selon les données rapportées par le JDD.
Face à ce recul de la présence française, l’Algérie ne se trouve pas dans une situation d’isolement économique. Au contraire, le pays poursuit sa stratégie de diversification de ses partenaires et de son économie.
D’ailleurs, le Fonds monétaire international (FMI) a estimé dans un rapport publié récemment que le PIB réel algérien avait progressé de 3,9 % en 2025 et table sur une croissance de 3,8 % en 2026. Le secteur hors hydrocarbures devrait, lui, progresser de 4 % cette année, après une hausse de 4,3 % en 2025. Le FMI souligne également que les efforts de diversification et les investissements ont contribué à soutenir cette dynamique.
Cette évolution s’inscrit dans une transformation plus large des échanges extérieurs algériens. L’Algérie cherche notamment à développer la production locale, à promouvoir les exportations hors hydrocarbures et à attirer de nouveaux investissements. Le FMI relève lui-même les efforts engagés dans ces domaines, tout en appelant à poursuivre les réformes destinées à renforcer la croissance et le rôle du secteur privé.
Pour la France, cela signifie donc une perte progressive de parts de marché dans un pays où d’autres partenaires, la Chine en tête, occupent désormais davantage d’espace.
D’ailleurs, le JDD cite Ségolène Royal, présidente de l’association France-Algérie, qui résume la situation : « Les entreprises françaises souffrent ». Une phrase qui dit l’essentiel. À mesure que le bras de fer diplomatique avec Alger se prolonge, le coût économique pour les intérêts français devient de plus en plus visible.









