Alors que les Obligations de Quitter le Territoire Français (OQTF) restent au cœur d’un débat politique et médiatique particulièrement tendu, le journaliste Mehdi Ghezzar apporte un éclairage inédit qui remet en cause la lecture simpliste des statistiques officielles.
Dans une analyse basée sur des témoignages de terrain recueillis auprès des forces de l’ordre et des services concernés, Mehdi Ghezzar met en lumière un phénomène méconnu du grand public, mais déterminant dans la comptabilité des expulsions : de nombreux ressortissants étrangers se déclarent systématiquement algériens lors de leur interpellation.

Selon lui, cette pratique concernerait particulièrement des nationaux originaires du Maroc, de Tunisie, de Mauritanie et d’autres pays arabophones. « Beaucoup choisissent cette identité déclarée pour des raisons liées aux procédures de reconduite, à la rapidité des traitements ou aux difficultés de coopération avec leurs pays d’origine », explique le journaliste.
Cette confusion identitaire aurait pour conséquence directe de gonfler artificiellement le nombre d’OQTF attribuées à des ressortissants algériens dans les chiffres publiés par le ministère de l’Intérieur.
Un biais statistique qui, selon Mehdi Ghezzar, parasite sérieusement le débat public
Ce constat soulève des questions gênantes : quelle est la part réelle des Algériens dans les OQTF exécutées ?
Les autorités françaises disposent-elles d’outils fiables pour vérifier l’identité déclarée lors des interpellations ? Et dans quelle mesure cette stratégie déclarative complique-t-elle les efforts de reconduite effective ?
Loin des polémiques stériles et des récupérations politiques, Mehdi Ghezzar appelle à une lecture plus rigoureuse et transparente des données. Selon lui, tant que cette réalité de terrain ne sera pas prise en compte, le débat sur l’immigration irrégulière restera faussé, alimentant les extrêmes de tous bords.
Ce choix, dicté par la difficulté d’obtenir des laisser-passer consulaires immédiats avec leurs pays d’origine, permet à ces individus d’échapper à une reconduite immédiate.
Ces dossiers sont comptabilisés comme des OQTF algériennes, gonflant artificiellement les statistiques et faussant la perception publique du sujet.
Au-delà de la distorsion statistique, Ghezzar dénonce un « faux procès » fait à l’Algérie, Il met en avant une réalité souvent passée sous silence : la volonté des autorités algériennes de faciliter les retours, Il illustre son propos par l’exemple de 320 Algériens ayant regagné leur pays en à peine dix jours, de manière totalement autonome et sans besoin d’encadrement policier.
Enfin, Selon Mehdi Ghezzar, ces derniers préfèrent transformer une faiblesse interne de l’administration française en un contentieux diplomatique avec Alger plutôt que de traiter le sujet avec la nuance qu’il requiert, Ce faisant, ils occultent délibérément les efforts et les résultats concrets de la coopération pour servir une narration politique axée sur le conflit.





