Algeria Gate : Les échanges entre l’Algérie et l’Espagne reprennent, et le patronat espagnol s’organise, La Chambre de commerce de Madrid a annoncé l’organisation d’une journée d’affaires, le 14 octobre prochain, afin de préparer les entreprises espagnoles qui veulent entrer sur le marché algérien ou y renforcer leur présence.
En effet, le contexte s’y prête. Sur les sept premiers mois de 2026, les échanges de marchandises entre les deux pays ont atteint environ 5,34 milliards d’euros, Les exportations algériennes vers l’Espagne se sont élevées à 3,89 milliards d’euros, contre 1,45 milliard pour les ventes espagnoles en Algérie.
Ainsi, la rencontre madrilène s’intitule « Algérie : perspectives, clés et opportunités d’internationalisation ». Elle ne vise pas tant à présenter l’économie algérienne qu’à donner aux entreprises espagnoles des outils concrets pour y accéder.
Au programme : financement du commerce, logistique, transport, secteurs porteurs et environnement opérationnel. Plusieurs acteurs directement impliqués dans les relations économiques entre les deux pays seront présents, dont le bureau économique et commercial espagnol en Algérie, Aresbank, Naturgy, Air Algérie et Asicomex Global Partners.
La présence d’Aresbank compte, car la banque finance depuis plusieurs décennies les échanges entre l’Espagne et les marchés du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, Elle peut accompagner les entreprises sur les garanties, les crédits documentaires, les paiements et les autres mécanismes nécessaires pour boucler une opération.
L’énergie reste l’un des principaux piliers de la relation économique. Naturgy viendra parler de l’expérience espagnole en Algérie, notamment du gazoduc Medgaz qui relie directement Beni Saf à Almeria, Cette expérience sert de point d’appui pour envisager une diversification vers d’autres secteurs : infrastructures, industrie, agriculture, eau, transport, technologies.
Le mouvement ne se limite pas à Madrid. Une rencontre d’affaires algéro-espagnole s’est déjà tenue à Barcelone en mai, avec plus de 80 représentants d’entreprises, La multiplication de ces initiatives montre une volonté de mieux structurer la prospection du marché algérien.
Pour Alger, l’enjeu est de transformer l’attractivité de son marché en investissements productifs, et non en simple croissance des importations, Le pays dispose d’un marché intérieur important, de programmes d’investissement public, de ressources énergétiques et d’une position géographique qui ouvre sur les marchés africains.
Les chiffres commerciaux donnent déjà à Alger un poids important dans la relation, En 2025, les exportations espagnoles vers l’Algérie ont atteint environ 2,13 milliards d’euros, tandis que les achats espagnols de produits algériens se sont élevés à près de 6,3 milliards d’euros.
Sur les sept premiers mois de 2026, le solde reste largement favorable à l’Algérie, avec un excédent d’environ 2,44 milliards d’euros.
Cette dynamique intervient à quelques semaines de la prochaine réunion de haut niveau algéro-espagnole, prévue en Espagne en octobre, Plusieurs secteurs devraient y revenir à l’agenda : industrie, énergie, infrastructures, agroalimentaire, services, innovation et transformation numérique.
Pour les entreprises espagnoles, le marché algérien n’est plus seulement un espace où vendre, Il s’agit aussi d’y chercher des partenariats et des implantations.
Pour l’Algérie, le défi sera de tirer parti de cet intérêt croissant pour favoriser la production locale, la sous-traitance, le transfert de savoir-faire et l’accès aux marchés africains, Une orientation qui donnerait plus de profondeur à la relation économique avec l’Espagne et qui positionnerait Alger comme une plateforme industrielle régionale, au-delà du seul commerce énergétique.










