Naïma Moutchou, ministre chargée des Outre-mer au sein du gouvernement français et d’origine marocaine, n’a pas manqué l’occasion de reprendre, de manière assumée et pour le moins intrigante, les thèses défendues par le régime du Makhzen. Invitée sur les antennes d’Europe 1 et de CNEWS, deux médias connus pour leur ligne éditoriale très à droite et leurs positions souvent hostiles à l’Algérie, elle a appelé à distinguer le peuple algérien de son gouvernement. Un discours qui traduit, selon ses détracteurs, un alignement manifeste sur le narratif marocain au sein de la scène politique et médiatique française.
Naïma Moutchou, que plusieurs observateurs de la scène politique française présentent comme l’un des principaux visages du lobby marocain en France, a déclaré qu’elle n’appréciait pas l’expression « différend avec l’Algérie », estimant qu’elle donnait l’impression que « le gouvernement algérien et le peuple algérien sont mis dans le même panier », Elle a ajouté qu’elle préférait parler de « différend avec le régime algérien », une prise de position qui a suscité des interrogations, d’autant que les échanges portaient sur la question des migrants algériens.
Elle ne s’est pas arrêtée là, Naïma Moutchou a également critiqué la position de l’Algérie concernant l’accord migratoire, estimant que les circonstances qui prévalaient dans les années 1950 et 1960 n’existent plus aujourd’hui. Une analyse qui, selon ses détracteurs, occulte le fait que cet accord a été progressivement vidé de sa substance par les modifications successives et les restrictions imposées par la France. À cela s’ajoute l’instauration du régime des visas pour les ressortissants algériens depuis 1986, réduisant considérablement les avantages initialement prévus par cet accord, contrairement à l’image que Paris cherche, selon ces critiques, à en donner.
Dans la continuité des prises de position des figures de la droite radicale, Naïma Moutchou a également rejeté les déclarations de l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, concernant l’éventuelle délivrance de 250 000 visas supplémentaires aux ressortissants algériens, Elle a affirmé qu’il ne s’agissait « pas de la position du gouvernement » et que cette question « n’était pas à l’ordre du jour ».
Elle a ajouté que la mise en œuvre d’une telle mesure, si elle venait à être décidée, « prendrait beaucoup de temps », estimant que la priorité devait, selon elle, être de « revoir l’ensemble de ce dossier », Elle a enfin appelé à ne pas « inverser l’ordre des étapes » que la France devrait suivre dans le traitement des questions migratoires avec l’Algérie.





