Le journal L’Enquêteur, à grande diffusion en République du Niger, a publié un article remarqué sous le titre : « Ni arrogance ni ingérence : la remarquable leçon de diplomatie que donne l’Algérie au Sahel, L’entretien accordé par le président algérien Abdelmadjid Tebboune aux médias nationaux, samedi 2 mai 2026, confirme une constante de la diplomatie algérienne : parler au Sahel non pas avec arrogance, mais avec mémoire, prudence et sens des responsabilités.
Sur les dossiers malien et nigérien, le chef de l’État algérien a tenu des propos qui méritent d’être lus au-delà des crispations conjoncturelles. Ils dessinent une vision : celle d’une Algérie qui ne veut ni dominer ses voisins, ni s’en détourner, mais les accompagner dans la stabilité, le dialogue et le développement.
Mali : l’appel salutaire au dialogue
Le journal « L’Enquêteur » a affirmé que le Mali, Abdelmadjid Tebboune a adopté un ton à la fois lucide et fraternel. En disant que la situation malienne « désole » l’Algérie, il n’a pas parlé en donneur de leçons, mais en voisin directement concerné par les secousses d’un pays frère. Son message central est simple : aucune crise profonde ne se règle durablement par la seule force, Les transitions politiques, les rébellions, les fractures territoriales et les tensions internes exigent une réponse politique, inclusive et nationale.

Elle a précisé qu’en rappelant que les Accords d’Alger de 2015 n’étaient pas un « fait algérien », mais un « fait malien », Tebboune a utilement remis les choses à leur place, L’Algérie n’a pas inventé la crise malienne. Elle a, au contraire, offert sa médiation à la demande des Maliens pour aider à recoudre un tissu national déchiré. Cette précision est importante, surtout dans un contexte où les passions diplomatiques conduisent parfois à réécrire l’histoire, Alger ne revendique pas une tutelle sur Bamako ; elle rappelle simplement qu’il n’y a pas de paix solide sans dialogue entre Maliens.
Niger – Algérie : une coopération concrète et stratégique
À propos du Niger, la posture algérienne apparaît encore plus constructive. Le président Tebboune a réaffirmé la volonté de son pays de bâtir avec Niamey une coopération durable, équilibrée et respectueuse des souverainetés, Le projet de centrale de production d’énergie au Niger dont il a demandé l’achèvement dans les trois prochains mois illustre parfaitement cette diplomatie des actes. Ici, il ne s’agit pas seulement de discours d’amitié, mais d’un partenariat concret dans un secteur vital : l’énergie.
Cette orientation est d’autant plus importante que le Niger cherche à renforcer sa souveraineté énergétique, à réduire les fragilités de son réseau électrique et à diversifier ses partenariats, En tendant la main à Niamey, Alger montre qu’un voisin peut être un appui stratégique sans être un donneur d’ordres. À cette coopération énergétique vitale s’ajoute une vision humaniste de l’intégration.