Algeria Gate : Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a suivi l’avancement des travaux d’une ancienne caserne militaire située en plein Sahara, appelée à être transformée en prison de haute sécurité pour les barons de la drogue, sous la tutelle du ministère de la Justice.

Une caserne militaire transformée en prison de haute sécurité
Les autorités algériennes ont décidé de convertir une caserne relevant de l’Armée nationale populaire, implantée dans la région de Tanezrouft, à l’extrême sud du pays, en un établissement pénitentiaire hautement sécurisé, exclusivement réservé aux grands trafiquants et barons de la drogue, La décision a été prise lors d’une réunion du Conseil supérieur de sécurité, présidée par le chef de l’État, consacrée notamment à la lutte contre les stupéfiants ainsi qu’aux incendies ayant touché des régions de l’est et du centre du pays.
Selon le communiqué de la présidence, les autorités ont également décidé la création d’une agence de sécurité spécialisée dans la lutte contre les stupéfiants, sur le modèle d’agences existant dans plusieurs pays, à l’image de la DEA américaine (Drug Enforcement Administration).

Le Tanezrouft, une géographie parmi les plus rudes au monde
Le Tanezrouft se situe à l’extrême sud de l’Algérie, entre les wilayas d’Adrar et de Bordj Badji Mokhtar, et s’étend jusqu’aux frontières avec le Niger et le Mali, Cette région est réputée pour son extrême aridité et ses conditions climatiques particulièrement sévères, avec des températures estivales pouvant osciller, selon plusieurs sources spécialisées, entre 52 et 60 degrés Celsius. Longtemps surnommée « désert de la soif » ou « désert de la mort » en raison de son isolement total et de l’absence quasi complète de vie humaine et végétale, la région est également connue pour son taux d’humidité extrêmement faible, qui ralentit fortement la décomposition organique.

Une décision qui intervient après un important coup de filet
Cette décision fait suite à une opération d’envergure menée par la police algérienne, qui a permis la saisie de plus de 10,5 millions de comprimés de stupéfiants ainsi que 33 kilogrammes de cocaïne, et l’interpellation de 27 personnes appartenant à un réseau organisé actif tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
Un signal fort adressé aux réseaux criminels
Ce choix est présenté par les autorités comme un coup dur porté aux réseaux de criminalité organisée et aux barons de la drogue, ainsi que comme un message fort de l’État algérien, déterminé à ne faire preuve d’aucune tolérance envers les trafiquants de stupéfiants et leurs soutiens.

Un projet qui pourrait aussi désenclaver la région
Au-delà de sa vocation carcérale, plusieurs experts voient dans ce projet une opportunité de développement pour une région historiquement marginalisée, Mabrouk Kahi, professeur de sciences politiques et de sécurité à l’université de Ouargla, dans le sud du pays, considère que la création de cet établissement pénitentiaire de haute sécurité et à vocation particulière au Tanezrouft constitue une décision positive, en ce qu’elle permet de donner une utilité à cet espace désertique et de créer une forme de vie dans la région. Selon lui, il suffit déjà que cette zone soit sortie de l’oubli : la légende du « désert de la soif et de la mort » touche progressivement à sa fin, grâce notamment aux nouvelles infrastructures qui pourraient également ouvrir la voie à des investissements liés aux ressources naturelles de la région.



