Algeria Gate : L’Algérie est engagée dans une nouvelle phase de sa stratégie de diversification économique, fondée sur la mise en place de chaînes de valeur intégrées reliant l’agriculture, les ressources minières, l’énergie, l’industrie de transformation, les infrastructures ferroviaires, les plateformes numériques et les ports d’exportation, Cette orientation, portée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, vise à transformer durablement le modèle économique national en réduisant la dépendance du pays aux recettes des hydrocarbures.
Au cœur de cette stratégie figure un objectif particulièrement ambitieux : porter les exportations hors hydrocarbures à 30 milliards de dollars à l’horizon 2029-2030. Un cap qui représente un changement d’échelle majeur, puisque ces exportations dépassent actuellement les 7 milliards de dollars. Atteindre un tel niveau suppose de multiplier par près de quatre les ventes à l’étranger en seulement quelques années.
Cette transformation ne repose pas uniquement sur l’augmentation des volumes produits. Elle implique également le développement de nouvelles filières industrielles, l’amélioration de la valeur ajoutée des produits algériens, l’élargissement du nombre d’entreprises exportatrices et la conquête de nouveaux marchés internationaux.
Malgré les progrès enregistrés ces dernières années, les hydrocarbures continuent de dominer largement les échanges extérieurs du pays. Selon les données de la Banque mondiale, le pétrole et le gaz ont représenté en moyenne 82,6 % des exportations algériennes et 45,8 % des recettes budgétaires sur la période 2020-2024. Ces chiffres montrent que, malgré la progression des exportations hors hydrocarbures, la structure de l’économie demeure encore fortement dépendante des revenus énergétiques.
Les indicateurs économiques récents témoignent toutefois d’une évolution positive. En 2024, l’Algérie a maintenu une balance commerciale excédentaire, les exportations ayant dépassé les importations de 4,482 milliards de dollars, Les échanges de marchandises ont, quant à eux, frôlé les 100 milliards de dollars, illustrant le dynamisme des flux commerciaux du pays.
Parallèlement, l’Algérie continue d’attirer davantage d’investissements étrangers. Les flux d’investissements directs étrangers (IDE) ont progressé de 18,3 % en 2024, selon les dernières données présentées par la Banque mondiale et la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), Cette hausse reflète l’intérêt croissant des investisseurs pour plusieurs secteurs stratégiques, notamment l’industrie, les mines, les énergies renouvelables et les infrastructures.
À travers cette feuille de route, les autorités ambitionnent de bâtir une économie plus diversifiée, plus compétitive et davantage tournée vers l’exportation, Le succès de cette stratégie dépendra notamment de la capacité des entreprises nationales à monter en gamme, à renforcer leur compétitivité et à s’imposer durablement sur les marchés internationaux, afin de faire des exportations hors hydrocarbures un véritable moteur de croissance pour l’économie algérienne.


