Algeria Gate : L’historienne espagnole Margarita Torres affirme que le Maroc, dans sa forme actuelle, n’existait pas avant 1957, Elle soutient également que les villes de Ceuta et Melilla n’ont, selon elle, jamais été marocaines et estime que l’Espagne ne devrait pas renoncer à ces deux enclaves.
Invitée dans l’émission « La Tarde », diffusée sur la radio espagnole COPE, la chercheuse est revenue sur l’histoire de Ceuta et Melilla, qu’elle présente comme des territoires dont l’histoire remonte à près de trois millénaires, Elle a opposé cette profondeur historique à la formation plus récente de l’État marocain moderne.
« C’est la première chose que les Espagnols doivent comprendre : le royaume du Maroc n’existait pas avant 1957 », a-t-elle notamment déclaré, en évoquant les origines phéniciennes de Ceuta et Melilla, connues dans l’Antiquité sous les noms d’Abila et de Rusadir.
Évoquant l’indépendance du Maroc en 1956, sous le règne de Mohammed V et dans le contexte de la fin du protectorat français et espagnol, Margarita Torres a également établi un parallèle avec la Marche verte de 1975, Selon elle, les événements actuels autour de Ceuta doivent être analysés à la lumière de cet épisode historique.
L’historienne estime par ailleurs que les tensions aux frontières et les différends concernant les eaux territoriales dépassent le seul dossier de Ceuta et Melilla, Elle y voit également un enjeu potentiel pour les îles Canaries, résumant sa lecture de la situation par une formule : « Ceuta est la première étape, Melilla la deuxième et les Canaries la troisième ».
Margarita Torres a aussi insisté sur l’importance de la mémoire historique, Elle estime que les habitants de Ceuta et Melilla défendent leur appartenance à l’Espagne en raison des liens historiques qu’ils entretiennent avec celle-ci depuis des siècles.
La chercheuse a enfin critiqué certains manquements dans l’enseignement de l’histoire en Espagne, notamment la place accordée à la Maurétanie Tingitane, province romaine correspondant à une partie du nord-ouest de l’Afrique du Nord.
En conclusion, l’historienne a appelé à préserver la mémoire historique et la souveraineté territoriale espagnole face à ce qu’elle considère comme les ambitions territoriales du Maroc, Elle a affirmé avec fermeté que l’Espagne ne perdrait pas Ceuta et Melilla, qu’elle considère comme n’ayant « jamais été marocaines »





