Algeria Gate : L’Algérie accélère l’extension de son réseau ferroviaire vers le Grand Sud. Le Conseil des ministres, réuni dimanche sous la présidence du président Abdelmadjid Tebboune, a donné son feu vert au financement du tronçon ferroviaire reliant El Menia à Tamanrasset, tout en appelant à accélérer la réalisation des différents segments de cette liaison stratégique.
À travers cette décision, l’Algérie franchit une nouvelle étape dans un vaste programme visant à prolonger le chemin de fer jusqu’aux confins méridionaux du pays. L’axe Laghouat–Ghardaïa–El Menia–In Salah–Tamanrasset doit ainsi progressivement renforcer l’intégration des territoires sahariens au réseau national de transport.
L’enjeu de cette infrastructure dépasse largement la question du transport de voyageurs. Sur un territoire aussi vaste que l’Algérie, le développement du rail vers le Sud peut jouer un rôle déterminant dans la réduction des contraintes logistiques et l’amélioration de la circulation des marchandises.
La future liaison pourrait notamment offrir aux opérateurs économiques une alternative au transport routier pour les flux importants et réguliers sur de longues distances. Une évolution susceptible de renforcer les échanges entre les zones de production, les centres urbains et les différents marchés du Grand Sud.
L’efficacité économique du projet dépendra toutefois de la capacité à développer simultanément des services de fret performants, des plateformes logistiques et des connexions directes avec les zones d’activité.
Au-delà de la logistique, l’arrivée du rail à Tamanrasset pourrait contribuer à modifier progressivement l’organisation économique des territoires traversés.
Une meilleure accessibilité peut favoriser l’émergence de nouvelles activités autour des gares et des plateformes de transport, notamment dans le commerce, les services, le tourisme et les filières liées aux ressources naturelles.
Dans cette perspective, le chemin de fer constitue davantage qu’un moyen de déplacement. Il devient un outil d’aménagement du territoire susceptible d’accompagner la création de pôles économiques dans des régions jusqu’ici fortement dépendantes du transport routier.
Le Conseil des ministres a également examiné le projet relatif à la réalisation de la station de Maqtaâ El Mouloud–Tamanrasset, illustrant la volonté de développer les infrastructures nécessaires au fonctionnement de ce futur corridor ferroviaire.
Le financement du tronçon El Menia–Tamanrasset bénéficie par ailleurs de l’intervention de la Banque africaine de développement (BAD). Les détails financiers de cette opération n’ont pas été précisés dans le communiqué relatif au Conseil des ministres.
La portée du projet dépasse néanmoins les frontières administratives des wilayas concernées. En renforçant la connexion de Tamanrasset au reste du pays, l’Algérie consolide ses infrastructures dans une région qui constitue une porte d’accès naturelle vers l’espace sahélien et africain.
Cette orientation rejoint la volonté de développer les échanges et les connexions économiques avec les pays du continent, en s’appuyant notamment sur les infrastructures de transport et les grands corridors reliant le Nord aux régions méridionales.
Le président Abdelmadjid Tebboune a, à cette occasion, chargé le ministre des Travaux publics de transmettre ses remerciements et ses encouragements aux travailleurs, techniciens et ingénieurs mobilisés sur ces grands chantiers.
Le chef de l’État a salué leurs efforts, qualifiés d’« héroïques », mettant en avant leur contribution à la concrétisation d’infrastructures longtemps considérées comme particulièrement complexes à réaliser.